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HISTORIQUE SUCCINCT
DU 15e REGIMENT DE
CHASSEURS
(par le Lt colonel (H) Henri Azema)
Le décret du 7 mars 1793 crée deux régiments de chasseurs à cheval. L’un d’entre eux est constitué à partir de dragons de Lorient où dragons de la compagnie des Indes, des chasseurs de Pontivy, des volontaires des Côtes du Nord et l’apport le 21 avril 1793 de 200 hommes que le Général Beysser, suite à l’affaire de l’île de Noirmoutier, avait levé en représailles.
La cohésion de toutes ces unités disparates se fait le 15 juin 1793 au camp de Guidel près de Lorient où 14e régiment de chasseurs voit le jour.
Sous la Révolution et le Consulat:
- Le 16 septembre 1793, le nouveau régiment combat les royalistes Vendéens à Montaigu où s’illustre le chef d’escadrons Lepic qui commandera plus tard le régiment. Le 4 décembre, après la défaite des Vendéens devant Angers, le 15e chasseurs avec la cavalerie de la Légion de Mayence se lance à leur poursuite qui l’amène à Santenay où les vendéens sont une nouvelle fois défaits le 12 décembre.
- Le 21 avril 1794, le 15e chasseurs incorpore 115 cavaliers de la légion à cheval de Haute Vienne.
- Le 2 mars 1796, la convention nomme le général Buonaparte "Général en chef" de l’armée d’Italie. Le 25 août, pour compenser ses pertes le régiment reçoit l'apport des 364 survivants des chasseurs à cheval de Côte d’Or. Ainsi renforcé, le 15e chasseurs est dirigé sur l’Italie où il entre en compte à l’armée de Masséna.
- De 1797 à 1805, durant toute cette campagne, que ce soit sous le consulat ou sous les prémices de l’Empire le 15e chasseurs participe à la prise de Novare le 6 décembre 1798, à celle de Vérone, le 26 mars 1799, où le colonel Lepic blessé reçoit les compliments de ses chefs pour la façon dont le régiment s’est comporté.
Les 17 et 18 juin 1799, sous les ordres de Mac Donald, il combat à la Trébie contre les troupes russes.
Le 14 juin 1800, il est présent à la bataille de Marengo, en compte à la division de cavalerie Bessières, brigade Loison avec les 2e chasseurs et 11e hussards.
De 1803 à 1805, le 15e chasseurs prend garnison à Créma en Italie et compte une première inscription à l’étendard:
"VERONE, 1799"
Sous l’Empire:
- En août 1805, sans déclaration de guerre, l’armée autrichienne attaque la Bavière.
Le 15e chasseurs quitte sa garnison de Créma. Pour cette campagne, il est en compte à la division de cavalerie d’Espagne, brigade Maurin, avec son frère d’armes le 24 chasseurs. Il combat victorieusement les autrichiens de l’archiduc Charles à Caldério les 29 et 30 octobre et le 12 novembre au Tagliamento.
Le traité de Lunéville du 9 février 1806 met fin à la guerre contre la troisième coalition.
- Une quatrième coalition voit le jour en octobre 1806 et le régiment rejoint la Grande Armée.
- En 1807 lors de la campagne de Pologne, le 15e chasseurs du colonel Mourier s’est joint à la brigade Colbert (3e hussards et 10e chasseurs). Le 6 février à Hoff, la brigade de cavalerie mène de durs combats contre l’arrière garde des troupes russes de Bennigsen qui se retirent sur le village de Eylau. Quarante huit heures plus tard, le 8 février, le régiment est engagé dans cette bataille pour une victoire pour le moins amère.
Le 5 juin 1807, le 15e chasseurs est engagé à Lomitten. Lors des combats, il repousse les assauts de l’armée de Doctourov; le colonel Mourrier est blessé lors d'une charge. A Gusttadt le 15e chasseurs se montre, là aussi, à son avantage.
Après la bataille d’Heisberg, à laquelle le régiment ne participe pas, les troupes russes se replient sur Friedland. Elles sont rattrapées par la Grande Armée le 14 juin. Le régiment, au cours des combats, mène plusieurs charges contre les carrés de l’infanterie russe puis, en fin d’après midi, participe à l’assaut sur Friedland.
L’armistice demandé par les russes est signé le 7 juillet à Tilsit et met fin à cette guerre.
L'étendard du régiment recoit dans ses plis le nom de :
"FRIEDLAND, 1807"
- 1808 à 1812: Dirigé sur la péninsule Ibérique, le 15e chasseurs est engagé dans de nombreux combats.
Il participe le 23 novembre 1808 à la victoire à Tuleda où les troupes portugaises du général Castanos, se replient.
Le 16 février 1809, en compte à la division de cavalerie Franceschi, c’est le combat d’Elvira où après la mort du général Moore les troupes anglaises se regroupent à la Corogne. Le régiment participe à la poursuite et à la chute de la ville, l’ennemi retraitant ensuite sur le Portugal.
Le 28 novembre 1809, il se conduit héroïquement à Alba Del Thormes où il enlève deux drapeaux espagnols aux troupes du duc Del Parques et force la victoire par ses charges.
Le 28 avril 1810, le 15e chasseurs assure le siège de Ciudad-Rodrigo qui se termine par la chute de la ville le 10 juillet.
Le 23 août 1810, à quelques lieux de Villogrigo, le 15e chasseurs force au repli la cavalerie ennemie qui, après un engagement, rompt le combat. Dans sa poursuite le régiment arrive jusqu’à Relados juste à temps pour briser une contre attaque de la cavalerie anglaise du Major-général Anson. Le lendemain la ville de Villogrigo est investie.
Le 27 septembre 1812, il oppose une farouche résistance aux troupes anglo-portugaises à Busaco, lesquelles conservent la ville .
- 1813: Les troupes anglo-portugo-espagnoles, sous le commandement de Wellington, chassent les troupes Françaises après la prise de Burgos.
Le 20 juin, talonné par les troupes ennemies l’armée de Jourdan s’installe dans la cuvette de Victoria. Le 21 à 4 heures elle fait l’objet d’escarmouches et durant deux heures, le régiment participe à contrer les assauts ennemis. L’issue de la bataille est défavorable et tourne à la défaite. Le 15e chasseurs replacé en garde sur la route de Bilbao, permet à une partie de l’armée de se retirer en bon ordre en évitant que cette défaite se transforme en désastre. Cette bataille s’inscrit en fin des campagnes d’Espagne et du Portugal et marque le retrait vers le Sud-Ouest des troupes françaises. Les noms des victoire de
"ALBA-DEL-THORMES, 1809" et "VILLOGRIGO, 1812"
sont portées sur la soie de l’étendard.
- En 1813, les 4e et 5e escadrons du régiment sont détachés pour la campagne de Saxe.
Après la débâcle de la campagne de Russie les deux escadrons regagnent les restes de la Grande Armée et entrent dans la composition du 3e corps de cavalerie du général Arrighi pour la campagne de Saxe à la 5e division du général Lorge, brigade Merlin avec les 21e et 22 chasseurs.
Ce détachement, reconstitué à 4 escadrons après l'apport de renforts venus du dépôt, combat à Dennewitz le 6 septembre 1813 au sein le l’armée du maréchal Ney, participe à la prise de la ville mais en fin d’après midi se retire sur l’Elbe.
Ce sera ensuite la bataille de Lepzig, les 16 et 19 octobre, où ces unités du régiment, malgré leurs charges meurtrières ne peuvent rien pour empêcher la défaite. L’armée Ney retraite vers l’ouest. Le 1er mai elle est à Weissenfels où elle déplore la mort du maréchal Bessieres puis ce sont les derniers combats à Hanau les 30-31 octobre 1813 auxquels les chasseurs participent avant de retraiter vers la France.
De retour sur le sol National ces quatre escadrons sont engagés dans les combats de retraites le 2 février à Sens, le 3 mars à Troyes puis les 20 et 21 mars 1814 à Arcis-sur-Aube.
- 1814: Le reste du régiment est maintenant à l’armée des Pyrénées. Commandés par le colonel Faverot de Kerbrech le 1er escadron (capitane Gerbault), le 2e escadron (capitaine Dupré) et le 3e escadron sont en compte à la division du général Drouet d’Erlon.
Au centre du dispositif de défense, le régiment participe à la bataille d’Orthez le 27 février 1814 puis retraite sur Toulouse, affaibli par ce combat qui lui a coûté 29 chasseurs tuées, blessés où prisonniers.
Le 12 avril 1814, Soult décide d’évacuer la ville rose avec armes et bagages et se dirige vers Carcassonne.
Entre temps, le 6 avril 1814, l'Empereur abdiquait à Fontainebleau et les Bourbon étaient de retour.
Sous la première restauration le régiment conserve son numéro et n’est pas dissous.
- 1915, les Cent Jours:
Le 1er mars, Napoléon quitte l’île d’Elbe et le 20 mars il entre dans la capitale. Mais les alliés reprennent les hostilités. Très vite il faut réorganiser l’armée. Le 15e chasseurs est en compte au 8e corps d’observation des Pyrénées Orientales et ne participe à aucune bataille.
Le 16 juillet 1815; après la deuxième abdication de l’Empereur le 15e régiment de chasseurs à cheval est licencié.
De la seconde Restauration au second Empire:
Le 30 août 1815, sous le nom de "Chasseurs de l’Oise", le régiment renaît. Puis, par ordonnance du 24 février 1825, il retrouve son appellation de "15e régiment de chasseurs à cheval".
Après la révolution de juillet 1830, le roi Louis Philippe réorganise l’armée. Par décision du 19 février 1831, les cinq premiers régiments de chasseurs à cheval deviennent régiments de Lanciers. De par cette décision, tous les régiments de chasseurs avancent de cinq rangs et le 15e chasseurs prend le numéro 10.
Après le second Empire, la loi du 24 juillet 1873 sur l’organisation de l’armée permet de remettre sur pied de nombreux régiments de cavalerie dont le 15e chasseurs qui prend garnison à Chalons sur Marne.
La guerre 1914-1918.
Le 1er août 1914, Le 15 chasseurs à cheval quitte sa garnison de Chalons sur Marne et embarque en gare de Saint-Hilaire à destination d’Amagne et s’installe dès son arrivée à Saint-Loup Terrier. La première guerre mondiale vient de commencer.
Le 11 août 1914, dès le début de la guerre, le régiment est engagé en Belgique. Sur le territoire national il combat en Somme, en Artois, en Champagne, en Meuse et en Lorraine.
Les noms des combats où il s’est illustrés sont inscrits dans la soie de son étendard:
"L'OURCQ, 1914" - "L'AVRE, 1918" - "REIMS, 1918"
Les opérations menées par le 15e chasseurs durant la guerre 14/18 font l'objet d'une fiche particulière annexée à ce dossier.
Le 15e régiment de chasseurs à cheval est dissout en 1927.
Un régiment de réserve sera constitué en 1989, il sera dissout en 1998 à l'issue d'une nouvelle réorganisation de l'armée.
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