retourfiche éditée le 30 novembre 2010


HISTORIQUE SUCCINCT
DU 9er REGIMENT DE CUIRASSIERS
(par le Lt colonel (H) Henri Azema)
Levé en 1666 par le Duc de Villars il prend le nom de son propriétaire sous l’appellation de "régiment de Villars". En 1686, il devient le "régiment d’Angers", en 1753 "régiment d’Aquitaine", puis en 1761 "d’Artois".
Sous les anciennes dénominations de la royauté, le régiment participe à la guerre de Dévolution (1667-68), du Luxembourg (1684) de la Ligue d’Augsbourg (1688-97), de la succession d’Espagne (1703-13), la guerre de succession d’Autriche (1740-48) et à la guerre de Sept Ans de 1756-63.
LES CAMPAGNES de la REPUBLIQUE et de L’EMPIRE
Après la révolution, en 1791, il devient "9e régiment de cavalerie". A l’armée du Rhin de 1792 à 1795, il combat le 1er juin 1792 à Limbourg, en 1793 il participe au siège de Landau et combat en décembre à Gamsheim puis, en 1874, à La Rehutte et Schwegenheim .
Placé à l’armée Rhin et Moselle de 1795 à 1797, il bataille à Neresheim puis Biberach. De 1799 à 1800 à l’armée du Rhin il est engagé à Hoschett puis le 3 décembre 1800 à Hohenlinden. En compte à l’armée Moreau il est à la division Klien. Par ses charges puis pour sa poursuite des restes de l’armée autrichienne en débandade, le régiment a largement contribué au succès de nos troupes. Il sera honoré par une première inscription à l’étendard:
"HOHENLINDEN 1800"
- 1803: Suite au décret Impérial du 24 septembre 1803 le "9e régiment de cavalerie" devient "9e régiment de cuirassiers".
- 1804: Le régiment est en garnison à Mayence. Il est sous les ordres du colonel Doumec.
- 1805: A la Grande Armée, il rejoint cette dernière et arrive en marche forcée à Vienne le 13 novembre. Le 2 décembre il est engagé lors de la bataille d’Austerlitz au sein de la réserve de cavalerie de Murat avec le 2e , 3e et 12e cuirassiers à la division Nansoury. Il participe à la victoire en culbutant la cavalerie russe puis l’infanterie leur infligeant des pertes considérables.
"AUSTERLITZ 1805"
sera la seconde inscription à l’étendard.
- 1806: Arrivant trop tard il ne participe pas à la bataille de Iéna mais le lendemain, le 15 octobre, il se lance à la poursuite des corps de Hohenlohe et Blücher en déroute et par Immenrode, Calbe, Potsdam, il entre à Berlin le 27 octobre. Le régiment cantonne ensuite à Varsovie du 22 octobre 1806 au 13 janvier 1807.
- 1807: Le régiment est présent à Guttstad, puis Heibserg. Le 4 juin à Friedland, il participe aux combats autour d’Heinrichdorf et après plus de quinze charges successives met en déroute la cavalerie russe d’Uverov. La poursuite amène le régiment à Tilsitt le 19 juin et à Paskalwen où le trouve l’armistice.
- 1808: Le régiment occupe successivement les garnisons de Wrietzn sur Oder, Hanovre et Bayreuth.
- 1809: Le 9e cuirassiers commandé par le colonel Poultre de Lamotte est en compte à la brigade Doumerc. Il participe le 22 avril à la victoire d’Eckmühl. Le lendemain le régiment est engagé à Ratisbonne. Le 6 juillet il est à Wagram où il fait une nouvelle fois preuve de sa valeur. Un armistice étant survenu le 19 juillet, le régiment tient ses quartiers à Lintz puis en Allemagne.
- 1810: Le régiment cantonne dans la région de Brunswick jusqu’au décembre 1810.
- 1811: Le colonel de Murat-Sistière prend le commandement du 9e régiment de cuirassiers.
- 1812: Lorsque la campagne de Russie commence, le régiment est en compte au 1er corps de réserve de cavalerie, 1ère division de cuirassiers Saint-Germain, 1ère brigade Bessières. Le 25 et 26 Juillet, il combat victorieusement à Ostrowo. Le 7 septembre, à la bataille de la Moskova, il charge contre le 9e corps russe, avant d’anéantir la cavalerie de la garde Impériale qui en abandonnant la bataille et la redoute de Rayeski ouvre la porte de Moscou.
"La MOSKOVA 1812"
sera la troisième inscription à son étendard.
Présent à Moscou le 14 septembre le 9e cuirassiers sera emporté dans le désastre de la retraite de Russie.
1813: Replié sur Bruncwick, puis Hildersheim en février le régiment est partiellement reconstitué. Sous les ordres du colonel Habert, il franchit l’Elbe en avril, combat à Lutzen le 2 mai, à Dresde les 26 et 27 août, puis à Wachau et Leipzig les 16 et 18 Octobre où les pertes françaises sont sévères.
- 1814: Le 1er janvier, les débris des 2e, 3e, 6e, 9e, 11e et 12e cuirassiers concourent à composer le 3e régiment provisoire, en garnison à Forbach, Sarrebruck et Sarre-Louis. Celui ci défend les gués et les passages de la Sarre puis reste en arrière garde pendant le repli des forces françaises jusqu’en France.
Reconstitué dans la région de Versailles, le régiment, au sein d’une division provisoire de cuirassiers, combat à Champaubert et Vauchamps avant de se replier sur la capitale.
- 1815 - Les Cent Jours:
Le 1et mars Napoléon quitte l’île d’Elbe. Le 20 mars il entre dans la capitale. Mais les alliés reprennent les hostilités. Le 9e cuirassiers réactivé est sous les ordres du colonel Bigarne. Il fait partie, avec 6e cuirassiers, de la brigade Vial, à la réserve de cavalerie du général Mihault. Il combat victorieusement à Fleurus le 15 juin où ses actions remarquées amènent une quatrième inscription à l’étendard:
"FLEURUS 1815"
Ce seront ensuite les batailles de Ligny le 17 juin, puis Waterloo le 18 juin où le régiment paiera un lourd tribu après avoir chargé brillamment les anglais aux Quatre-Bras. Les restes du régiment par Reims, Soissons, Senlis retraitent ensuite sur Paris.
Fin Juin 1815, peu après la seconde abdication de l’Empereur Napoléon 1er, le 9e régiment de cuirassiers est
dissous.
SECONDE RESTAURATION
En 1825, sous la seconde restauration, une décision royale supprime certaines dénominations de régiments, à cette occasion le 9e régiment de dragons change de nom et devient le "9e régiment de cuirassiers". Il mènera alors jusqu’en juin 1854 une vie tranquille de garnison entrecoupée de manœuvres.
LE SECOND EMPIRE
La guerre de Crimée:
Le 6 juin 1854, le 9e cuirassiers embarque à Marseille à destination de l’Orient. Il est en compte, avec le 6e cuirassiers, à la 3e brigade du général d’Elchingen. Ces unités passeront l’hiver à Andrinople.
Le 30 mai et 1er juin 1855 par les navires "SS le Barlen" – "SS le Panama" – "SS l’Orénoque" la brigade est transportée en Crimée. Toute la cavalerie est, début juin, sous Sébastopol. En septembre 1855, le régiment assiste, sans être engagé, à la prise de Malakoff. Il sera de retour en France fin mai 1856.
La guerre de 1870-1872;
Lorsque la guerre de 1970 éclate le régiment est en compte avec le 8e cuirassiers à la 1ère division de cavalerie du général Duhesme, 3e brigade du général Michel. Le 6 août, il est engagé à la bataille de Frœschwiller et plus particulièrement à la glorieuse mais vaine charge de "Reichshoffen" à Monsbronn où le régiment est détruit. Les restes du 9e cuirassiers: 7 officiers et 17 hommes plus le 1er escadron, laissé en garde des bagages, sont envoyés à l’armée de la Loire. Le 9e cuirassiers reconstitué début décembre 1871, rejoint l’armée de l’Est début janvier 1872. Il est sous les ordres du colonel de Vousges de Chanteclerc. Le 8 janvier, il participe au combat de Villersexel puis, termine la guerre en captivité en Suisse où il sera désarmé au passage de la frontière le 1er février 1872. Le régiment sera de retour en France après le traité de Francfort signé le 1er mars 1872.
Durant la période dite de la "belle époque" le régiment tiendra garnison à Noyon de 1890-1913. De 1880 à 1885 son commandement est assuré par le colonel Joleaud et en 1891 par le colonel Guizelin.
LA GUERRE 1914–1918
- 1914: le 28 juillet, alors qu’il est en manœuvre au camp de Chalons, le régiment reçoit l’ordre de regagner sa garnison à Douai.
Le 30 juillet, le 9e cuirassiers, le 4e cuirassiers venant de Cambrai et le 4e chasseurs venant de Lille se retrouvent dans la zone de concentration dans la région de d’Aubeton. Ils font partie de la 4e brigade de cuirassiers à la 3e division de cavalerie du général Lastour.
Le 5 août, le régiment entre en Belgique et prend une part très active aux opérations en particulier à Bertrix, Neufchâteau et Gedinne puis repasse la Meuse à Mézières le 23. Du 25 au 29 août il couvre le mouvement de repli en direction de Château-Thierry. Le 3 septembre le 9e cuirassiers, très éprouvé, se reconstitue à Bretonneux au sud-ouest de Versailles. Du 6 au 15 septembre, il participe à la 1ère bataille de la Marne. Lors de la contre-attaque de septembre, il traverse la Seine à Melan le 3 puis combat le 7 à Nanteuil-le-Houdun, le 13 septembre à Betz et Convergnon.
La course à la mer:
Le régiment passe l’Oise à la Croix-Saint-Ouen et se porte vers Nesles. Dès lors, les étapes du régiment vont jalonner le front qui sera fixé plus tard: Lassigny, l’Echelles, Fouquescourt, Acheux, Vimy, Vermelles. Le 15 septembre il est dans la région d’Arras. Ses unités combattent durement à La Bassée, Formelles et Notre Dame de Lorette. Relevé le 27 octobre pour se reconstituer à Messine c’est à pied qu’il intervient dans la bataille de l’Yser du 23 octobre au 18 novembre. La Tour de Messine voit combattre les premières unités de cavaliers à pied.
- 1915: Pendant l’hiver, le régiment est stationné dans la région d’Aire-sur-Lys puis est embarqué en février 1915 pour la Champagne où il est placé en réserve entre Chalons et Vitry–le-François avant d’être mis en attente d’exploitation d’un succès en Artois. Il sera ensuite employé aux tranchées à Foncqueville et Bailleuval de novembre à février 1916
- 1916 - Le 9e régiment de cuirassiers à pied:
Le 30 mai, par ordre n° 13809, le régiment de cuirassiers est démonté et ses escadrons concourent à former le "9e régiment de cuirassiers à pied". Mis à la disposition du 33e corps d’armée, il combattra le 12 novembre 1916 à Quennevière et Puisaleine.
1917: Le régiment participe à l’offensive de printemps. Déplacé le 10 avril, il stationne dans la région de Meaux et est affecté à la division provisoire de cuirassiers à pied qui regroupe les 4e, 9e et 11e cuirassiers. Le 27, il embarque en auto pour Montgobert près de Soissons. Le 5 mai 1917, le 9e cuirassiers se couvre de gloire lors de l’attaque du Moulins de Laffaux où, suite à une attaque frontale, il déborde l’objectif principal, combat dans les tranchées le Rouge-Gorge la carriere Allement, puis résiste à de nombreuses contres attaques ennemies en conservant le moulin. Après quelques jours de repos le régiment est embarqué en automobile le 24 mai pour Coucy le Château sur l’Ailette. Il combattra à Folembray, Blerencourt de mai à décembre 1917.
- 1918: Le 14 mars, le régiment est regroupé à Senlis. Il participe ensuite à des opérations de couverture dans la région de Noyon. Il est engagé dans la bataille de Picardie de mars à avril sur le canal de Crozat, Varesne, Pontoise, en juin dans la bataille du Martz puis de juin à août à Hauzy et Massignes. Il sera déplacé en Champagne en septembre dans la région de Mourmelon avant de participer aux derniers combats en Argonne.
L’Armistice du 11 novembre trouvera le 9e régiment de cuirassiers à pied dans la région de Grandpré-Vouziers.
Les noms de:
"L’AISNE 1917" - "Le MATZ 1918" - "ARGONNE 1918 "
viendront s’ajouter à l’étendard.
Le 26 décembre 1918 le régiment est dirigé sur l’Alsace.
- 1919: la division de cavalerie à pied est dissoute, le 9e régiment de cuirassiers à pied redevient le 9e régiment de cuirassiers et va prendre garnison à Lyon.
- Le 1er mai 1934 l’unité a été réorganisée en régiment "partiellement motorisée n° 2 ".
SECONDE GUERRE MONDIALE
- 1939: Le 28 avril, à la veille de la guerre, le 9e cuirassiers est disloqué et ses escadrons vont former les noyaux des 22e , 20e, 91e GRDI et 20e GRCA. Par voie de conséquence le régiment est dissous à compter du 1er mai 1939.
- Le régiment sera recréé fin 1944 pour être dissous début 1946.
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