retourFiche éditée le 6 septembre 2013


FICHE 1939-1945 DU 2e SPAHIS MAROCAINS
(par le Lt colonel (H) C. Aïcardi et Mr C. Girard)
Année 1939:
Sous les ordres du colonel de la Garenne, le 2e Régiment de Spahis Marocains (RSM) est mobilisé et mis sur pied de guerre le 6 septembre 1939.
A la déclaration de guerre, il est affecté à la 5e Brigade de Cavalerie du général Lefebre.
Le 15 octobre, il forme avec le 2e Régiment de Spahis Algériens (RSA), la 3e Brigade de Spahis (BS) commandée par le général Clouet des Perruches.
Le 23 octobre, le 2e RSM rejoint, par voie ferrée, l'Algérie, arrive le 24 octobre à Oran d'où il embarque pour la France. Arrivé à Marseille le 30 octobre , il est aussitôt dirigé sur les Ardennes qui seront sa zone d'action jusqu'en juin 1940 avec pour mission de pénétrer en Belgique dans le cas où le allemands y entreraient puis, en liaison avec les éléments voisins, de prendre contact avec l'ennemi et d'agir en action retardatrice.
Malgré le froid exceptionnel de l'hiver, le moral des spahis reste excellent et leur disicipline leur permet d'être bien vus par la population.
A tour de rôle, les unités se relayent au camp de Sissonne où le hommes subissent un entrainement intensif basé sur les tirs et le service en campagne; le matériel est soigneusement révisé et réparé, le régiment est prêt au baroud que tous attendent avec impatience.
Pendant son séjour dans les Ardenes le régiment sera successivement installé autour de Rethel puis de Mezières et Givry lorsque la 3e BS sera rattachée à la 9e armée française.
Année 1940:
- 5 mars: Le colonel Geoffroy prend le commandement du régiment.
- 15 mars: Mouvement du régiment dans la région de Nouzonville-Gespunsart, à proximité immédiate de la frontière Belge.
- du 19 mars au 10 mai: Nouveaux dépacements les 19 et 20 mars suivis de 3 alertes les 11, 14 avril et 10 mai.
- du 10 au 14 mai:
- Le 10 mai à l'aube le régiment franchit la Meuse et entre en Belgique. Malgré l'aviation allemande qui pilonne ses colonnes, le régiment s'installe à Maissin, pousse une reconnaissance jusqu'à Saint-Hubert et s'installe pour la nuit en position défensive sur la Lesse.
- le 11 mai, le 2e RSM est prêt à reprendre sa progression lorsque l'ordre de repli arrive. Des unités voisines ont été très sérieusement accrochées et il faut revenir s'installer sur la Semois. Sur l'itinéraire de retour, des colonnes de réfugiés belges encombrent la route, les avions allemands font subir au régiment ses premières pertes et le 1er escadron livre son premier combat en forçant le passage de la rivière à Mouzaive occupé par l'ennemi. Dans la soirée , le régiment est réuni à Pussemange.
- les 12 et 13 mai, sur ordre et sans se battre, le régiment se replie; il traverse la Meuse, tient la tête de pont à Charleville puis descend vers Poix-Terron et Touligny qu'il met en état de défense.
- Le 14 mai, le 2e RSM reçoit enfin une mission opérationnelle en étant chargé de rétablir la liaison sur la ligne de feu entre la 9e et la 2e armée.
Divers contacts sont pris avec l'ennemi notamment autour de Vendresse et des combat locaux ont lieu, un peloton traverse le canal des Ardennes et pousse une reconnaissance jusqu'à Maisoncelle. Les allemands accentuent leur pression et mettent en oeuvre toute leur artillerie, leurs chars et leurs avions.
Le colonel rend compte de la situation au QG de l'armée à Signy-l'Abbaye; il reçoit l'ordre de regrouper son régiment à la Horgne et de tenir cette localité.
- Le 15 mai 1940 : LE COMBAT DE LA HORGNE:
- Au lever du jour , les escadrons sont en place et tiennent les sorties du village ainsi que les hauteurs boisées qui l'entourent. Les premières attaques allemandes ont lieu vers 11 heures 30; elles sont appuyées par des chars et des AM. Les spahis ripostent avec leurs canons de 25 mm et causent des pertes à l'ennemi qui se retire. En début d'après midi, les allemands tatent la défense de tous côtés et subissent encore quelques pertes. A 16 heures 30, un bombardement intense s'abat sur le village qui est en feu et totalement investi par l'infanterie allemande malgré la défense héroïque des spahis. Les rescapés des escadrons, sans liaison avec leur commandement, se replient vers le sud.
- A l'issue de ce combat, les allemands ont perdu 11 auto-mitrailleuses et éprouvés de nombreuses pertes; au 2e RSM , le colonel a été tué, 300 officiers et spahis sont portés disparus dont environ 150 tués et bléssés.
- Un communiqué des allemands publié le lendemain fait état de la vilolence de ce combat:
" Notre progression sur le canal des Ardennes s'est faite normalement. Nous avons seulement été arrêtés pendant douze heures par une brigade de spahis. Nous n'avons pu passer qu'après l'avoir complètement anéantie."
- du 15 au 30 mai:
- Il faudra cinq jours au chef d'escadrons Azemar qui commandait le 2e groupe d'escadrons et qui a pris la tête du régiment pour regrouper les survivants de ce combat dans la région de Saint-Thierry, à dix kilomètres au nord-ouest de Reims.
Dirigé sur Igny-le Jard le 21 mai puis sur Saint-Ouen le 30 mai, le 2e RSM, est recomplété et réorganisé sur le type "Métropole" qui fait perdre à chaque escadron la valeur d'un peloton. Cette transformation permet aux hommes et aux chevaux rescapés de la Horgne de se reposer jusqu'au 6 juin 1940.
- du 7 au 23 juin: LES DERNIERS COMBATS:
- Le régiment, aux ordres du lieutenant-colonel de Kerangat, est envoyé le 7 juin dans la région de Savigny; il s'installe en points d'appui fermés dans les villages de la région.
- Le 9 juin, renforcé par une section de H.35, il reçoit la mission de refouler l'ennemi qui approche par le nord. Dans le courant de la journée, après de durs combats, un certain nombre de points sont récupérés, notamment, la crête de Vandy, les villages de Terron et de Vencq; le régiment à fait 200 tués à l'ennemi et lui a pris 300 prisonniers et 20 mitrailleuses.
- Le 10 juin, les allemands réagissent violemment à coup d'artillerie et d'aviation; les spahis tiennent bon malgré leurs pertes; sur ordre, ils se replient dans la nuit sur Vandy où les chevaux sont récupérés, passent l'Aisne à Vouziers et bivouaquent à Sugny.
- Le 12 juin, après une journée d'attente à Sugny, replis successifs sur la ligne Lizy-Monthois, puis jusqu'à Dassavant qui est atteint dans la soirée après une étape harassante de 75 kilomètres.
- le 14 juin, repos à Dassavant jusqu'à 18 heures et nouvel ordre de repli en direction de Bar-le-Duc. Via Revigny, le 2e RSM arrive à Gerdrecourt apès avoir parcouru 90 kilomètres et subi quelques pertes dues aux nombreuses attaques aériennes allemandes.
- Le 16 juin, en flanc-garde depuis la veille dans la région de Germay-Germisay le régiment subit de violentes attaques de l'infanterie allemande appuyée par un grand nombre de blindés qui se solderont par la perte de 4 officiers et de 30 spahis.
- Le 20 juin, regroupés sous le commandement du capitaine Geloes, les survivants se replient, du 17 au 19 juin, par Neufchâteau et s'installent à Etreval en position d'attente.
- le 21 juin, totalement encerclés, les spahis et ce qui reste du 1er hussards sont prêts à engager un dernier baroud d'honneur et refusent de se rendre aux allemands qui demandent leur réddition; les allemands n'attaqueront pas et la trève du 22 juin assortie de l'ordre qu'ils recoivent de se rendre permet aux assiégés de recevoir les honneurs de la guerre de leurs adversaires.
- le 24 juin, le 2e RSM est interné en corps constitué avec cadres, spahis et chevaux à Nancy, au quartier Donop
- Bilan:
- en deux mois de guerre le régiment aura perdu:
. 4 officiers, dont le chef de corps,
. 11 officiers blessés,
. 240 spahis tués et blessés,
. 190 chevaux.
- Deux citations témoignent des actions d'éclat du 2e RSM et une nouvelle inscription est portée sur l'étendard:
"La Horgne 1940"
- Pratiquement dissous dès juin 1940. La dissolution du 2e RSM sera effective en 1941 lors de la suppression de son dépôt de guerre resté à Marrakech.
Année 1943:
En exéctution des prescriptions de la NDS n° 2307/1/AM de monsieur le général commandant supérieur des troupes du Maroc, le 4e Régiment de Spahis Marocains (RSM) devient 2e Régiment de Spahis Marocains (RSM) à partir du 1er avril 1943.
Ordre de bataille:
- chef de corps: Lieutenant-colonel Duvernoy,
- adjoint: Chef d'escadrons Terrie,
- Commandant l'Escadron Hors rang (EHR): capitaine Truchis,
- Commandant le 1er groupe d'escadrons (Casablanca): Chef d'escadrons Grippon,
- Commandant le 2e groupe d'escadrons (Marrakech): Chef d'escadrons Pignatelli d'Aragon.
Restant stationné au Maroc le régiment participera aux activités de la vie marocaine sans être engagé et associé aux victoires des troupes alliées pour la libération de la France et de l'Europe.
Année 1944:
Du 3 au 26 mars, le 1er groupe d'escadrons puis l'Etat-major et l'EHR feront mouvement de Casablanca à Rabat pour y tenir garnison.
L'implantation du régiment est alors la suivante:
- Etat-major et EHR: Rabat
- 1er groupe d'escadrons: Rabat
- 2e groupe d'escadrons:
- Etat-major, 3e escadron et escadron de passage: Marrakech
- 4e escadron: Tiznit.
- En juillet, le régiment met sur pied 3 pelotons de Scout-Cars qui sont formés à Casablanca puis répartis à Marrakech (2 pelotons) et à Tiznit (1 peloton).
- du 28 septembre au 14 octobre, le régiment regroupé prend part aux manoeuvres de Petijean.
-le 16 novembre, le 2e groupe d'escadrons perd ses chevaux et se transforme en groupe d'escadrons motorisés avec:
. le 3e escadron sur Scout-Cars à Tiznit,
. le 4e escadron sur Half-Tracks à Marrakech.
Années 1945-1946:
Toujours sur le territoire marocain durant ces deux années, le régiment sera progressivement motorisé durant le deuxième semestre 1945, il comprendra au 31 décembre:
- l'Etat-major et l'EHR motorisés, en garnison à Rabat
- le 1er escadron à cheval dissous, remplacé par un 5e escadron motorisé de type porté, en garnison à Rabat
- le groupe d'escadron à cheval de casablanca devenu sur place le 1er groupe d'escadrons à cheval
- le 3e escadron de reconnaissance motorisé à Tiznit
- le 4e escadron de reconnaissance motorisé à Marrakech.
En 1946, quelques mouvements anniment la vie du régiment:
- Le 19 février le 1er groupe d'escadron quitte Casablanca pour s'installer à Aïn-el Hajeb; le 3e escadron fait mouvement de Tiznit sur Marrakech;
- le 8 mars le colonel Duvernoy quitte le commandement du régiment; il est remplacé par le lieutenant-colonel Bringoux;
- Le 15 avril, l'escadron de passage et d'instruction devient "Escadron du Territoire";
- le 21 juin, le lieutenant-colonel Blandin de Chalin remplace le Lieutenant-colonel Bringoux qui a quitté l'armée le 16 mai précédent, l'interim du commandement ayant étant assuré par le chef d'escadrons Dumont.
Enfin, en exécution des prescriptions de la NDS n°838/1/OM en date du 25 avril, complétée par l'additif n°395/1/OM du 23 juillet 1946, le 2e Régiment de Spahis Marocains est dissous le 31 juillet 1946 à 24 heures et devient le 1er Régiment de Chasseurs d'Afrique (RCA).
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