En 1954, l’Algérie est la Xe région militaire de la France.
Elle est subdivisée en trois divisions militaires qui correspondent aux trois départements d’Alger, Oran et Constantine.
Le gouvernement considérant que le découpage territorial, tant civil que militaire, est de nature à favoriser la pacification, porte le nombre de départements à quatre en 1955, douze en 1956 et quinze en 1958.
L’organisation territoriale du commandement militaire est remaniée en mars 1957 et, aux nouvelles régions des trois départements d’origine correspondent trois corps d’armée; aux départements, une zone opérationnelle à la charge d’une division; aux arrondissements des secteurs sous l’autorité d’un régiment, ces secteurs étant eux même divisés en plusieurs quartiers placés sous le contrôle de leurs unités élémentaires (compagnies ou escadrons). La carte ci-dessous représente la mise en place de ces structures de commandement territorial militaire en 1959.
Dès 1955, les premiers régiments destinés à renforcer les forces militaires en Algérie sont recréés, le 29 régiment de dragons sera l'un d'eux.
Reformé le 15 novembre 1955 à Fritzlar au sein des Forces Françaises en Allemagne (FFA), il est regroupé à Vannes pour une courte période de cohésion et embarque à Marseille le 5 décembre 1955 pour l'Algérie.
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De 1955 à 1959, dans le secteur qui lui incombe, le régiment sera principalement chargé de rétablir la sécurité des biens et des personnes par le quadrillage de cette zone au relief difficile et bien connu des rebelles qui y séjournent ou y transitent. L'arrivée des Half-tracks permettra d'étendre les zones d'action et l'efficacité du régiment dans ce domaine.
L'arrivée des blindés à la fin de l'année 1956 ajoutera les missions dévolues aux régiments blindés: escortes de convois, appuis feux au bénéfice de l'infanterie lors des opérations interarmes, bouclage des zones ratissées par les éléments à pied...
D'avril 1959 à avril 1961, déployé le long du barrage électrifié de la frontière tunisienne la "ligne Morice", la mission du régiment consiste à en interdire le passage, poursuivre et détruire les bandes qui réussisent à s'infitrer et préserver l'intégrité de l'ouvrage.
Le sud de la zone placée sous la responsabilité du régiment présente un apendice qui s'enfonce en territoire algérien, le "Bec de canard" qui permet aux rebelles une retraite aisée en territoire tunisien en cas d'échec de leur tentative, il est de ce fait un point particulièrement sensible.
De nuit, cette mission est assurée par des patrouilles blindées - la "herse" - d'une durée de 2 à 4 heures, un passage sur l'itinéraire fixé variant entre 60 et 90 minutes et des embuscades sur les points les plus vulnérables; de jour, ce sont des patrouilles à pied dont la mission principale est de relever les indices d'activité de l'ennemi.
D'avril 1961 à mars 1962, le régiment retrouve les mêmes missions que celles qu'il assumait dans le secteur de Kerrata avec une intensification des missions de protection de convois due aux premiers retraits et désengagemets des troupes françaises.
De mars 1962 à mai 1964, les missions du régiment se résumaient à protéger les enclaves encore occupées par des organismes français, veiller à la liberté de circulation de nos convois et au rapatriement des matériels et des personnels vers la France.