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HISTORIQUE
du 22e REGIMENT DE DRAGONS
(par le Lt colonel (H) Henri Azema)
Levé en 1630 par le commandeur Souvré, il passe au service français le 16 mai 1635. Il est nommé
"Anjou" en 1647, "Orléans" en 1660, puis en 1791 le régiment prend le nom de 13e régiment de
cavalerie.
Sous ses anciennes dénominations, le régiment s'illustre lors de la guerre de Trente Ans de 1635-1648, en 1649
en Catalogne, de 1667 à 1669 lors de la guerre de dévolution, en Hollande de 1672 à 1678, la guerre de la
ligue d’Augsbourg de 1688 à 1697, la guerre de succession d’Espagne de 1701 à 1713, la guerre de succession
de Pologne de 1733 à 1735, la guerre de succession d’Autriche de 1740 à 1748 et la guerre de Sept Ans de 1756
à 1763.
Ce sera ensuite les guerres de la révolution où le régiment sera successivement affecté à L’armée du Nord en
1793, à l’armée de Sambre et Meuse 1794-1796 , à l’armée de Rhin et Moselle 1796-1797, à l’armée du Rhin en
1800 avec laquelle il combat à Offenbourg et à Hohenlinden le 3 décembre.
SOUS L’EMPIRE
L’arrêté du 1er vendémiaire an XII (24 septembre 1803) prescrit un nouvel enregistrement de la
cavalerie. C’est ainsi que le 4 Brumaire an XII le 13e régiment de cavalerie se voit transformé en
22e régiment de dragons.
- 1804: À l’armée du Rhin, il est en garnison en Alsace à Schelestat (Selesta). Il est sous les ordres du
colonel Carrie.
- 1805: Le 22e dragons intègre la Grande Armée, il fait partie de la réserve de cavalerie de Murat
et, avec la division Walter comprenant les 3e, 6e ,10e ,11e,
13e dragons, il franchit le Rhin en septembre. Le 20 octobre il combat à Ulm, occupe Vienne et le 2
décembre 1805 s’illustre à Austerlitz. Le nom de cette victoire sur les troupes russo-autrichiennes sera porté
sur la soie de son étendard:"AUSTERLITZ, 18053
- 1806: Le régiment repart en campagne contre les membres de la quatrième coalition. Le 14 octobre il combat
les prussiens et les russes à Iéna.
Cette victoire: "IENA, 1806" viendra s’ajouter à l’étendard du 22e dragons.
- 1807: Les russes retraitant, la Grande Armée entre à Varsovie le 27 novembre. A la poursuite de l’armée du
Tsar, le 22e dragons participe le 8 février à la sanglante bataille d’Eylau puis à la victoire de
Friedland le 14 juin 1807.
Le nom de"EYLAU 1807" sera porté sur l’étendard.
- La guerre du Portugal et d’Espagne:
Le régiment durant ces deux guerres est engagé partiellement , les 3e
et 4e escadrons qui dépendent du 6e régiment provisoire d'Allemagne en tant que
corps de réserve alors que le reste du régiment est en garnison à Namur.
Le chef de corps le colonel Frossart avec les 1er et 2e escadrons seront à l’armée
d’Espagne à la 5e division de dragons et stationneront en juillet 1809 à Fuente Pena.
- 1808: Dès leur arrivée les éléments du 22e dragons, arrivés en renfort, sont engagés sans succès
lors de la bataille de Bailen les 19 et 22 juillet 1808.
- 1809: Le 18 février à Mora, au sein de la brigade Digeon, ils mettent en déroute les troupes espagnoles
d’Albuquerque qui se retirent sur Manzaneres. Le 29 mars, après avoir participé à la prise de Bragas au Portugal,
ils s’illustrent magnifiquement à Oporto forçant la victoire.
Le nom de cette victoire "Oporto 1809" sera la 4e inscription à l’étendard.
- De 1810 à 1812: Deux escadrons combattent à Valverde les 1 et 2 mai 1810, Alicante en 1811, Elche, Alamnza
et Majalahonda le 11 août 1812.
- 1813: C’est en septembre en Allemagne que l’on retrouve le régiment au 5e corps de cavalerie bis
composé des dragons venus renforcer le corps de cavalerie du général Pajol. Retraitant vers la France le
régiment combat sans succès à Leipzig les 16, 17 et 18 octobre 1813 puis victorieusement le 31 à Hanau . Sous
la pression ennemie il continue son repli et franchit le Rhin fin 1813.
- La campagne de France Janvier-mars 1814:
Dès son retour en Alsace, il est placé en observation du Rhin. Le régiment est, avec les 19e, 20e
et 25e dragons, à la division de dragons l’Héritier. L’ennemi ayant franchi le fleuve dans
la région de Bâle, la division contient les troupes ennemies du 24 au 31 décembre 1813 à Sainte Croix la Plaine
puis retraite dans les Vosges. Le 6 janvier 1814 le régiment stationne à l’ouest de Baccarat.
Le retrait vers la capitale engage le régiment à Saint-Dizier le 27 janvier où la ville est reprise après un
dur combat, Brienne le 29 , La Rothière le 30 puis Montmirail le 11 février 1814. Le 17 février, après avoir
été défait à la Fère-Champenoise, le 22e va se positionner sous Paris le 25 mars.
Par ordonnance Royale en date du 12 mai 1814 le régiment est licencié. Ses personnels sont répartis dans les 15
régiments conservés.Recréé en 1873, le 22e régiment de dragons prend garnison à Reims.
- En 1914, il compte, avec le 16e dragons, à la 5e division de cavalerie du général
Bridoux, 3e brigade de dragons du général Bricard.
La guerre 1914-1918
- 1914: Affecté au corps de cavalerie Sordet, le régiment quitte sa garnison le 1er août pour
se positionner dans le région Poix Perron où il cantonne. Le 6 août, il entre en Belgique, se porte sur Bertrix
puis Martlange. Les 7 et 8 on le retrouve dans la région de Liège près de Ciney, puis Calsbourg près de Paliseul
où il est employé à de nombreuses reconnaissances. Mis à la disposition du 1er C.A. il retrouve le
corps de cavalerie le 18 août lors de la progression de la 5e division de cavalerie sur Perwez,
avant de se replier et repasser la frontière le 23 août pour s’établir près d’Eculin au sud de Maubeuge.
- 1914: Le 25 août, Le corps Sordet se déplace à Walincourt au sud de Cambrai pour porter assistance à
l’armée du maréchal French. Le 22e dragons, entre en liaison avec la cavalerie anglaise près de
Caudry. Le 27 août l’armée retraite vers Nesle. Le régiment, avec la division, après avoir livré un violent
combat à Eperly se replie sur Villers-Carbonnel, puis le 28, après avoir abandonné la ligne de la Somme se
replie sur l’Avre.
La V° division de cavalerie se replie vers Paris, le 22e dragons franchit la Seine à Meulan le 4
septembre et va stationner à Equevilly après avoir combattu dans la région d’Exclainvillers le 29 août et
Warluis les 30 et 31 Août.
Le 6 septembre, le régiment est transporté par V.F. jusqu’à Daumartin en Goële et Mesnil-Mitri. Il s’illustre
durant la bataille de l’Ourcq puis du 7 au 13 septembre à Betz, Macqueline, La Ferté-Milon.
- 1915: Dés le début de l’année, placé en réserve en Artois de mai à août, quelques escadrons du 22e
dragons sont mis à pied et occupent les tranchées en Picardie dans les secteurs de Neuville, Saint-Wast et Notre
Dame de Lorette.
De retour en Champagne, il remplit la même mission, de septembre à octobre, dans le secteur de Souain / Suippes.
- 1916: Jusqu’en juillet, le régiment occupe de secteur de Prosnes près de Mourmelon puis en août, la ferme
des Marquises. En décembre, il se déplace en Lorraine et stationne à Embermenil puis Sanon.
- 1917: De janvier à mars, il est placé "en attente" au camp d’Arches.
Après un rapide séjour à Paris où il assure, suite aux mutineries, le maintien de l’ordre en gare et dans
divers dépôts sensibles, le régiment remonte au front au N.E de Sissonne.
Le 16 avril, le 22e dragons rejoint la 1er corps de cavalerie du général Robillot au sud
de Paregnan où toute la division se rassemble. Le régiment est commandé par le colonel Secretant.
Du 27 avril au 14 mai il combat et tient les tranchées à Moulin de Laffaux, Ravin l’Allemant, et Quincy-Basse
puis en ligne de Coucy à Vic sur Aisne.
- 1918: Retiré du front le 20 mars et mis à la disposition du gouverneur militaire de Paris, il s’installe
à Pontoise mais le 25 mars avec la 5e division, le 22e dragons va se positionner, en urgence,
près de Dancourt sur l’Avre, puis combat à Noyon et Fresne.
De retour en Marne le 27 mai, il bataille à Coulonges et Le Charnel les 29 et 30 mai.
Le 12 juin, le 22e dragons est retiré du front et rejoint Etoges où la 5e division se
regroupe.
Le 14 juillet, le régiment se positionne au sud de Chalons à Saint-Germain-la-Ville pour revenir le 15 sur
Epernay, puis combat les 17,18 et 19 juillet à Oeuilly–Leuvrigny.
Le 20 juillet 1918, le 22e dragons avec la 5e division est mis à disposition de la V°
armée et va s’installer à Pierry au nord de la Marne puis le 24 à Courteaux. Retiré du front le 29, il est
placé en attente dans la région nord de Chalons à Vertus prêt à intervenir dans la bataille de Champagne /
Argonne. Le 11 novembre, le régiment est à Vaucouleurs.
Les noms de "L’OURCQ, 1914" – "AVRE, 1918" – "LA MARNE, 1918" s’ajoutent à l’étendard.
Après l’armistice du 11 novembre, le 22e dragons participe avec la 1ère division de
cavalerie à l’occupation de Sarrebruck, Bingen, Coblentz, Mayence.
Le 31 décembre 1918,le 1er corps de cavalerie est dissout; le 22e dragons retrouve sa
garnison de Reims.
Dans l’entre deux guerres il sera l’objet de nombreux changements d’affectations et de garnisons, c’est ainsi
que nous le trouvons à Pontoise en 1923 puis Pontivy en 1924 où il sera dissous.
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