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Fiche éditée le 5 février 2011


FICHE ALGERIE 1956-1964
du 1er SPAHIS ALGERIENS
(par le Lt colonel (H) Claude Aïcardi)
Organisation territoriale de l'Algérie:
En 1954, l’Algérie est la Xe région militaire de la France.
Elle est subdivisée en trois divisions militaires qui correspondent aux trois départements d’Alger, Oran et Constantine.
Le gouvernement considérant que le découpage territorial, tant civil que militaire, est de nature à favoriser la pacification, porte le nombre de départements à quatre en 1955, douze en 1956 et quinze en 1958.
L’organisation territoriale du commandement militaire est remaniée en mars 1957 et, aux nouvelles régions des trois départements d’origine correspondent trois corps d’armée; aux départements, une zone opérationnelle à la charge d’une division; aux arrondissements des secteurs sous l’autorité d’un régiment, ces secteurs étant eux même divisés en plusieurs quartiers placés sous le contrôle de leurs unités élémentaires (compagnies ou escadrons). La carte ci-dessous représente la mise en place de ces structures de commandement territorial militaire en 1959.
Arrivée sur le territoire:
Le 1er novembre 1954 plusieurs dizaines d'attentats meurtriers, perpétrés par le FLN, sont commis en Algérie. Cette journée sanglante, appelée la "Toussaint rouge", va marquer le début de la guerre d'Algérie.
A cette date, le 1er régiment de spahis algériens est le seul régiment de spahis cantonné sur le territoire.
Composition du régiment:
Le 1er spahis algériens est un régiment de reconnaissance constitué sur le type TED ABC 012 (1) et qui comprend:
- 1 Escadron de Commandement et des Services (ECS)
- et 3 escadrons de combat équipés initialement d'AM M8 puis, à partir de 1955, d'Engins Blindés de Reconnaissance (EBR) Panhard.
- En 1956 un 4e escadron à pied est créé et incorpore les réservistes rappelés, il est dissous en février 1958 et remplacé par une harka.
Commandement:
- 1954: Lt colonel CECCALDI
- 1956: Lt colonel JULIEN
- 1957: Lt colonel RICHARD
- 1959: Lt colonel PAVILLON
- 1960: Lt colonel BIOSSE-DUPLAN
- 1962: Lt colonel BIGOT
Stationnements:
Carte 1
 | Carte 2
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- Le 1er régiment de spahis est implanté dans l'Algérois et ses unités élémentaires, voire les pelotons, sont répartis sur toute la zone : à Médéa, Blida, Aumale, Arthur (voir carte 1) et Bou-Saada à 130 kilomètres au sud d'Aumale, sur la Nationale 8 (carte 2).
- En 1958, le PC du régiment s'installe plus au sud dans le secteur de Bou-Saada, à Paul-Cazelles (carte 2).
Carte 3
 | Carte 4
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- Fin juin 1960, le régiment fait mouvement plein Est dans le constantinois et va prendre position près de la frontière tunisienne à la hauteur du "Bec de canard" ; le PC et un escadron s'installent à Lamy , les autres unités sont à Munier et Fedj-el-Ahmed. (carte 3)
- En mars 1962, après le cessez-le-feu, il reste dans le Constantinois mais se déplace plus à l'ouest; le PC à Aïn-Beïda, les escadrons à La Meskiana, Ksar-Sbahi et Canrobert" (carte 4).
- A partir de 1963, il va progressivement se déplacer vers le nord-ouest en transitant successivement par Kroubs, Constantine (avril 1963), Orléansville (mars 1963) et Alger où sa dernière implantation sera le Camp militaire du Lido à Fort-de-l’Eau (décembre 1963).
Subordination et missions:
- Subordination:
- Jusqu'en 1958, le régiment est stationné dans le nord algérois (Zone Nord Algérois -ZNA- à partir de 1957) et est subordonné à l'EM d'Alger - PC à Fort de l'Eau.
- Lorsqu'il se déplace à Paul-Cazelles, il passe en Zone Sud Algérois (ZSA) sous l'autorité de la 20e Division d'Infanterie (DI) - PC à Médéa.
- Le mouvement qu'il effectue en Juin 1960 le conduit en Zone Nord Est Constantinois (ZNEC) et le subordonne à la 2eDivision d'Infanterie Mécanisée (DIM)- PC à Bône.
- Au cessez-le -feu , en 1962 son déplacement à l'ouest le porte sur la zone de responsabilité de la 14e DI - PC à Constantine...
et les derniers bonds successifs qui le conduiront jusqu'à Fort de l'Eau seront exécutés en fonction des ordres de l'EM résiduel d'Alger.
- Missions:
La capacité des EBR permettant des déplacements de grande ampleur, les escadrons du régiment réaliseront, jusqu'en 1956, de nombreuses missions éloignées dans le Constantinois, les Aurès, l'Oranais et même jusqu'au Maroc.
Avec la montée en puissance de l'insurrection , les missions du régiments seront davantage axées sur l'appui feu de ses engins blindés lors des opérations interarmes zonales et régionales.
Le regroupement du régiment et son déplacement vers la frontière tunisienne modifie sa mission. Chargé de la surveillance d'une portion du barrage électrifié tunisien, la "ligne Morice", il devra, pendant dix huit mois, organiser les patrouilles de jour et surtout de nuit, la "Herse", pour interdire le franchissement où le sabotage du barrage aux groupes du FLN, poursuivre et neutraliser ceux qui réussissent à le passer et ce, dans une zone réputée difficile et favorable à l'infiltration comme à l'exfiltration des bandes rebelles : le "Bec de canard".
Ces missions spécifiques n'excluent pas celles dévolues à toutes les unités françaises concernant l'exécution des missions de sécurité, de maintien de l'ordre et de pacification dans leur secteur de stationnement.
Au cessez-le-feu, le régiment et ses matériels seront particulièrement efficaces dans les escortes et protections de convois, le maintien de la libre circulation sur les axes des unités françaises et la sécurité des installations encore occupées par nos forces.
Chronologie:
(par Claude Girard)
- 1954:
Début juillet, deux escadrons sont envoyés en renfort en Tunisie.
Le 13 juillet, un peloton du 1er escadron accroche une bande rebelle forte d'une centaine d'hommes au djebel Semmama.
En octobre, les deux escadrons détachés en Tunisie sont de retour à Médéa.
Le 2e escadron (Cne La Chevasnerie) intervient à Orléansville suite à l'important séisme tellurique. Il est affecté ensuite à Souk Ahras sur la frontière Tunisienne.
- 1955:
Le 12 juin, le 2e escadron accroche un fort parti rebelles au col de Garga , dans le secteur de Tebessa.
En septembre et octobre, le 3e escadron est détaché au Maroc, il est de retour en Algérie en fin d'année.
- 1956:
Le 1er escadron est détaché au secteur de Bou-Saada.
Le 15 mai, le 2e escadron accroche un groupe rebelles près de Taguine: 39 rebelles tués et 50 armes sont récupérées.
- 1957:
Le 30 janvier, près de Letourneux; 30 fellaghas sont mis hors de combat.
Le 25 mars, récupération d'une trentaine d'armes.
Le 4 avril, combat du djebel Nadar. Le sous-lieutenant Baroudi du 1er escadron, avec 15 spahis sur jeep-mitrailleuses, charge une bande de 30 rebelles. Le combat se termine au corps à corps, les spahis n'ont que deux blessés, les pertes rebelles sont de 25 tués et 8 prisonniers, 25 armes sont récupérées.
Le 13 septembre, le peloton du sous-lieutenant de Cafarelli met hors de combat une vingtaine de rebelles.
- 1958:
En janvier, le 2e escadron (Cne d'Arras) participe à une opération sur le marché de Boghari. 3500 personnes, 200 véhicules sont controlés, 75 suspects sont arrêtés.
En mai, le 1er escadron participe à une opération dans le secteur d'Aumale au terme de laquelle 100 rebelles sont tués et autant d'armes récupérées (mitrailleuses, FM, bazookas...)Les lieutenants Baroudi et Duros sont gravement blessés.
- 1959:
Du 7 au 29 mars, opération du djebel Tsameur, à laquelle participe le 2e escadron (cne d'Arras) et qui se termine par la mort de Si Aounes, chef de la Willaya 6, et celle d'Amirouche, chef de la willaya 3. Le bilan fait également état de 20 fellaghas tués, 100 prisonniers, et de 150 armes récupérées.
D'avril à décembre 10 engins du régiment sautent sur des mines.
- 1960:
En janvier, manifestations à Alger des populations européennes contre le projet d'autodétermination de l'Algérie. Des pelotons du 1er Régiment de Spahis (RS) sont envoyées pour établir des bouchons blindés autour de la base de Réghaïa.
Le 5 mars, le régiment assure la protection du général de Gaulle qui fait sa "tournée des popotes".
- 1961:
Le 21 janvier, le 2e escadron (cne Chaufour) reçoit sur son cantonnement de Feld el Hamed, 40 obus de mortiers de 81 et 60 mm.
Le 20 février, il subit une attaque de mortiers, mitrailleuses, canons sans recul et bazookas. Un sous-officier et un spahi sont tués. Un EBR est pris d'assaut et bazooké.
Le 31 mai, le 1er escadron a plusieurs EBR touchés par des LRAC. Deux sont détruits, un spahi est tué et deux sont blessés.
Le 9 octobre, au cours d'une opération dans le secteur de Souk-Ahras, un peloton du 1er escadron neutralise, au canon, trois mortiers adverses de 81 mm.
- 1962:
19 mars, cessez-le-feu officiel en Algérie. Les harkas connaissent de nombreuses désertions et sont dissoutes le 31 mars
Départ du territoire:
Fin juin 1964, le 1er régiment de spahis algériens embarque à Alger pour la métropole. Débarqué à Marseille, il est dirigé sur Provins où le 1er juillet il change d'appellation et devient le 9e régiment de hussards.
Récapitulatif:
Vous pouvez consulter le récapitulatif général des régiments de cavalerie présents en Algérie de 1954 à 1964 en "cliquant" sur le lien ci dessous:
"RECAPITULATIF GENERAL"
- TED ABC 012 - "Escadron d'EBR"
- L'escadron a un effectif de 210 hommes: 6 officiers, 29 sous-officiers, 175 cavaliers répartis en:
- 1 peloton de commandement constitué de 33 hommes (1-6-26)
matériel: 2 jeeps - 3 motos - 3 EBR - 1 HT M16 quadritubes - 2 camions
- 1 pelotons d'échelon contitué de 7 hommes (1-2-4)
matériel: 1 jeep - 1 camion - 1 HT
- 3 pelotons d'EBR identiques constitués de 42 hommes (1-6-35)
matériel: blindés 5 EBR - groupe porté 5 jeeps,1 mortier 81, 2 LRAC, 1 camionnette
- 1 peloton porté constitué de 39 hommes (1-3-35)
matériel: 3 groupes disposant chacun de 4 jeeps, 1 LRAC, 3 mitrailleuses
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