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Fiche éditée le 11 juillet 2010


LES CUIRASSIERS
HISTORIQUE SUCCINCT
du 15e Régiment de Cuirassiers
(par le Lieutenant colonel (H) Henri Azema -
complément d'information en fin de page par Mr Sinibaldi et SHD)
En février 1813, le dépôt de Metz du 1er cuirassiers se compose de cinq cents recrues à
l’instruction et de quelques chevaux. En mai 1813, une partie de ce détachement rejoint Hambourg où avec les
dépôts des 2e, 3e et 4e cuirassiers il forme le "15e régiment de
cuirassiers".
Le 30 mai 1813, le maréchal Davoult, commandant la XIII armée, reçoit ordre de l’Empereur de tenir la forteresse
d’Hambourg le plus longtemps possible afin de faciliter la retraite de l’armée française.
Le 15e régiment de cuirassiers se bat quotidiennement durant sept mois dans Hambourg assiégé par les
armées de la coalition. Le Maréchal Davout remarque le courage de cette unité.
- Extrait des "souvenirs militaires" du colonel de Gonneville, paru en 1875 chez l’éditeur Didier repris par le général Chevant dans "Sabretache" n° 71 1er trimestre 1984:
"En mai 1913, le capitaine de Gonneville quittait le dépôt du 1er cuirassiers, alors à Metz, avec un détachement formé de tous les personnels disponibles, à destination de Hambourg.
A son arrivée, ce détachement constitua un escadron. Etant le plus ancien des capitaines de cuirassiers, de Gonneville fut chargé de constituer un régiment, avec son escadron et trois autres déjà arrivés, fournis par les dépôts des 2e , 3e ,et 4e cuirassiers. Ce régiment prit le numéro 15 dans l’arme des cuirassiers. Les escadrons fournis par d'autres régiments formèrent deux régiments provisoires 1er et 2e le tout était aux ordres du général Dubois.
Le 15e cuirassiers fut armé de mousquetons portés au crochet, avec le fourniment de la cavalerie légère. D’après Gonneville il était impossible de s’en servir à cheval et avec la cuirasse.
Au bout de deux mois, le nouveau régiment avait pris toute l’homogénéité désirable. L’instruction à pied avait marché de telle façon que l’exercice et le maniement des armes, pouvait égaler ceux de l’infanterie, mais le régiment n’avait toujours pas de chevaux.
Quinze jours après, ceux-ci arrivèrent, ils étaient excellents mais non dressés. En deux mois, l’instruction à cheval fut menée à un point satisfaisant. Il faut noter que les quatre escadrons étaient formés presque exclusivement de recrues.
Le colonel de SAINT-SAUVEUR prit le commandement du régiment. Le 15e cuirassiers, sortit de Hambourg et passa quinze jours au cantonnement dans les villages où l’instruction fut perfectionnée. Puis il couvrit la retraite de l’infanterie sur Hambourg sans avoir à s’engager, mais en manœuvrant fort bien, et s’installa dans le fauteuil de Saint-Georges.
Le corps d’armée (30 000 hommes, tous français d’après Gonneville) s’étant enfermé dans Hambourg, le 15e cuirassiers reçut la mission, en cas d’attaque, de prendre les armes à pied pour la défense de certains bastions.
Le 1er escadron, celui de Gonneville, fut détaché avec le 80e d’infanterie dans l’île de Wilhemsburg. Un mois après, l’Elbe étant gelé, les russes attaquèrent de ce côté. Le 4e escadron, commandé par un officier belge, le capitaine Bousey, eut sa retraite coupée; il se fraya un chemin à travers les russes par une charge très remarquée.
Rentré à Hambourg, on reprit l’instruction. Le froid occasionna des pertes en hommes et en chevaux. Le régiment fit une sortie pour fourrager, elle eut un plein succès, sans avoir à combattre.
A la débâcle de l’Elbe, fin avril 1814, le maréchal Davoult fit passer toute sa cavalerie sur la rive gauche, où il l’employa à brûler les villages des environs de Hambourg, après avoir fourragé. De nombreuses sorties furent faites, toutes avec un plein succès donnant lieu à quelques engagements peu sérieux."
Malgré l’abdication de Napoléon 1er (6 avril 1814), le siège de Hambourg continue et la ville ne cessera sa résistance que sur ordre du roi Louis XVIII le 28 mai 1814.
- "Après la Paix (Traité de Paris signé du 30 mai 1814), le 15e cuirassiers, fit partie de la première colonne qui quitta Hambourg avec deux régiments d’infanterie et trois batteries d’artillerie, avec deux caissons chargés par pièce, le tout très bien attelé. Cette colonne était commandée par le général Guiton".
Par Brême, Osnabruck, Holern, Darstein, Wesel, Venloo, Louvain, Gand, le régiment se porte sur Denain où arrive l’ordre de dissolution.
Le 15erégiment de cuirassiers rentre en France en ordre et avec les honneurs. En juin il regagne Denain où il est dissous.
Les escadrons de cuirassiers regagnent leurs dépôts respectifs. Ceux du 1er cuirassiers vont à Paris où ils retrouvent la partie principale de leur régiment d’origine.
Complément d'information:
Il est reporté ci-dessus (entre guillemets) les souvenirs de monsieur de Gonneville qui a été le premier commandant du nouveau régiment. Cette formation créé à partir des dépôts des régiments de cuirassiers est composée du détachement du 1er cuirassiers de Metz, aux ordres du capitaine de Gonneville, renforcé par un détachement du 2e cuirassiers commandé par le capitaine Neveux, un détachement du 3e cuirassiers commandé par le capitaine Pitonneau et par un détachement du 4e cuirassiers commandé par le capitaine Le Boursier.
Le capitaine de Gonneville étant le plus ancien, il prend le commandement de l'ensemble de cette formation qu'il cèdera le 22 juillet 1813 à Hambourg au colonel de Rafelis, marquis de Saint Sauveur.
Avant de passer son commandement, monsieur de Gonneville assura l'instruction du détachement et il semble que pour donner plus de corps à cette nouvelle unité composite, la décision fut prise de donner à ces détachements, venus de régiments différents, le nom de "15e régiment de cuirassiers" qui ne sera qu'un nom de circonstance non officiellement homologué.
Ce nom de "15e cuirassiers" aurait donc été celui usité par les acteurs du moment et le colonel de Gouvile, dans ses souvenirs de l'époque où il était capitaine en charge de cette formation, en fait état comme tel.
On retrouve également cette dénomination dans quelques ouvrages et notamment dans la revue anglaise "Napoléon's-cavalry" où l'on peut lire :
"Les cuirassiers du 15e étaient organisés à Hambourg à partir des éléments tirés des 2e,3e,4e cuirassiers, des officiers pris à partir de nombreux autres régiments et tous ont été mélangés avec un grand nombre de recrues... il a été dissous en 1814."
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