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Fiche éditée le 4 janvier 2012


HISTORIQUE SUCCINCT DU
13e REGIMENT DE CHASSEURS A CHEVAL
(par le Lt colonel (H) Henri Azema)
Le 7 septembre 1792, des citoyens originaires des Antilles et des comptoirs africains demandent à servir le pays. Il est créé une légion franche connue sous le nom de Légion de Saint Georges d'après le nom de son chef, où Légion des Américains et du Midi.
Par décret du 6 décembre 1792, les Hussards Américains comme ils sont également appelés sont versés dans l'arme des chasseurs à cheval et prennent le 21 février 1793 la dénomination de "13e régiment de chasseurs à cheval".
En avril 1793, la première compagnie, formée de 84 hommes de couleur, est envoyée en Bretagne où elle donne naissance à un 13e bis régiment de chasseurs destiné à une expédition à Saint-Domingue qui n'aura pas lieue.
En mars 1795, les 13 et 13 bis régiments de chasseurs sont fusionnés en un seul régiment.
Sous la Révolution et le Consulat:
- 1794:
Affecté à l’armée du Nord, division Moreau, le régiment combat à Courtrai le 11 mai et Malines 15 juillet.
- 1797:
A l’armée de Sambre et Meuse il est engagé à Neuwied, le 18 avril, contre des éléments de l’armée autrichienne et les délogent du village de Sayn puis entame une poursuite très productive.
- 1799:
Le 26 mars, lors de la deuxième campagne d’Italie, il est de l’attaque du camp de Pastrengo près de Vérone puis, ce sera Vaprio le 15 août où le chef de brigade Bouquet, à la tête de quarante chasseurs, capture un bataillon de grenadiers hongrois.
A la signature de la paix avec l’Autriche, le 13e chasseurs rentre en France.
Sous l’Empire:
- 1803:
Le 13e chasseurs stationne: le 1er escadron à Zurich, le 2e à Wyhl, le 3e à Winterthur le 4e à Lucerne.
- 1804:
Rentré en France, les 1er et 2e escadrons sont à Arques et Blandecque, le 3e à Calais, le 4e est en Belgique, à Bruxelles, le colonel Pultière commande le Régiment.
- 1805:
En septembre, le 13e régiment de chasseurs rejoint l’armée de l’Empereur et pénètre en Allemagne pour participer aux combats contre la troisième coalition. Il fait partie du 5e corps de Lannes et, avec le 21e chasseurs, est en compte à la 5e division de cavalerie légère, 2e brigade du général Fauconnet. Le 20 octobre, il participe à la chute d’Ulm puis combat à Braunau le 30 octobre. Présent à Austerlitz le 2 décembre 1805, tout comme le 5e division, il n’est pas engagé dans la bataille.
A noter cependant qu'au titre de sa deuxième filiation, la participation des chasseurs de la garde Impériale à cette victoire, permettra d'ajouter plus tard à l'étendard du 13e régiment de chasseurs:
"AUXTERLITZ, 1805"
- 1806:
Le 26 décembre 1805, le traité de Presbourg avec l’Autriche donne un peu de répit au régiment, mais une quatrième coalition contre la France voit le jour le 1er octobre 1806. Au cours de cette nouvelle campagne, il fait partie de la réserve de cavalerie Murat et, avec le 1er hussards, est en compte à la brigade Milhaut, division Hautpoul. Après la victoire de Iéna, le régiment poursuit les troupes prussiennes de Hohenlohe en déroute. A Passerwalk, le 30 octobre 1806, il fait prisonnier une division de 5000 hommes avec ses drapeaux et son artillerie, puis se distingue une nouvelle fois à Nasielsk le 25 décembre.
- 1807:
Le 8 février, il se fait remarquer à Eylau sous le commandement du colonel Demangeot, lequel est blessé au cours d’une charge.
Le traité de Tilsitt, le 9 juillet, met fin au conflit avec les coalisés.
Cette campagne amènera deux inscriptions à l’étendard:
"PASSERWALK, 1806" et "EYLAU, 1807"
- 1809:
En avril, sous l’impulsion de l’Autriche, se forme une cinquième coalition contre la France. Le 13e chasseurs repart en campagne, il est en compte à la 1ère division de cavalerie légère Lasalle, brigade Bruyère à la réserve générale du général Bessières. Il se fait remarquer par sa bravoure les 21 et 22 mai à Esling, les 5 et 6 juillet à Wagram, le 16 juillet Hollabrunn, et à Znaïm les 10 et 11 juillet.
- de 1810 à 1813:
Affecté à l’armée d’Espagne, sous les ordres de Montbrun, le régiment est à la brigade Fournier et combat, du 3 au 5 mai 1811, à Funtes del Onoros où, au cours d’une charge, il enfonce un carré de la garde britannique et capture le général Craufurd.
Le 12 juillet 1812 à Mondego, au cours d’une charge, il bouscule une unité de cavalerie ennemie et enlève le drapeau du régiment portugais "Euritas". Ce seront ensuite les combats des Arapiles, le 22 juillet, et de Villodrigo, le 23 octobre.
- 1813-1814:
Après le désastre de la campagne de Russie, le régiment est affecté au 3e corps du général Arrighi pour renforcer l’armée de Saxe avec les 4e, 5e et 6e escadrons détachés à la 5e division de cavalerie légère, brigade Shea. Il participe aux combats de Dennewitz et de Juterbock le 6 septembre et de Leipzig avec les 5e et 6e escadrons du 16 au 19 octobre 1813.
Retraitant sur la France c’est au corps de cavalerie du général Pajol que les 4e 5e et 6e escadrons continuent le combat contre les prussiens à Montereau le 19 février et à Bar-sur-Aube du 24 au 27 février 1814.
Pendant ce temps, à l’armée des Pyrénées, la seconde partie du régiment à 3 escadrons (1er, 2e et 3e), retraite vers la France après la défaite de Victoria du 21 juin 1813. Ce détachement combat sur le territoire national contre les troupes de Wellington à Orthez le 27 février 1814, puis participe à la défense de Toulouse le 24 mars 1814.
Après l’abdication de l’Empereur Napoléon le 13e régiment de chasseurs conserve son nom.
- 1815 - Les Cent Jours:
Le 1er mars, Napoléon quitte l’île d’Elbe et le 20 mars il entre dans la capitale. Mais les alliés reprennent les hostilités. Très vite il faut réorganiser l’armée et le 13e chasseurs repart au combat. Il est en compte au 5e corps d’observation du Jura et combat dans les Vosges et dans le haut-Rhin. Fin mai, lors de l’une des tentatives pour dégager Belfort, le général Lecourbe vient au secours du général Castex dont la cavalerie est attaquée à Bavilliers. L’escadron du 13ème chasseurs qui l'accompagne, commandé par le sous-lieutenant Lidy, repousse les assaillants, poursuit l'ennemi vers Belfort et, aux Perches, rencontre un bataillon carré de hongrois marchant à la baïonnette qu'il sabre jusqu'au dernier.
Le blocus de Belfort par les troupes autrichiennes continuera jusqu’au 11 juillet 1815, soit deux semaines après l’abdication de l’Empereur. Sur ordre du Roi Louis XVIII, un armistice signé à Bavilliers par le général Lecourbe et met fin au siège.
Sous la 2e Restauration:
A la chute de l’Empire, les 24 régiments de chasseurs reçoivent des noms de départements. Le 13e régiment de chasseurs devient "régiment de chasseurs de la Meuse". Il retrouvera sa dénomination de "13e régiment de chasseurs à cheval" le 27 février 1825.
- 1823:
Pour rétablir le roi d’Espagne Ferdinand III sur son trône, un corps expéditionnaire est placé sous le commandement du duc d’Angoulême. Le 13e chasseurs est en compte au 1er corps du maréchal Oudinot. Cette opération qualifiée de "manœuvre militaire à tir réel" n’engage pas le régiment hormis quelques escarmouches d’avant-garde. En février 1823 le régiment rentre en France et prend garnison à Libourne.
- 1830:
Après la révolution de juillet, le Roi Louis-Philippe réorganise l’armée. Par décision du 19 février 1831, les cinq premiers régiments de chasseurs à cheval deviennent régiments de lanciers. En conséquence, tous les autres régiments de chasseurs avancent de cinq rangs, le régiment devient le 8e chasseurs et c'est le 18e chasseurs qui prend le 13e rang de la subdivision d’arme.
Le 1er escadron du 18e chasseurs fait partie du corps expéditionnaire pour l’afrique du nord et débarque en juin à Sidi Férruch près d'El Djezaïr. Devenu sur place le 1er escadron du 13e régiment de chasseurs il participe aux premières opérations. Il se distingue à Blida contre les troupes du Bey Mustapha Boumezrang le 18 juillet puis à Médéa quelques jours plus tard le 21 novembre.
Le nouveau 13e régiment de chasseurs durant cette période est en garnison à Compiègne, Nevers, et Moulins.
- 1836:
En novembre 1836, par ordonnance, le 13e chasseurs est transformé en régiment de lanciers.
Deuxième Répulique et second Empire:
Le 9 septembre 1840 un nouveau 13e régiment de chasseurs à cheval est créé. Il sera licencié sur ordre de Napoléon III le 21 novembre 1852, ramenant ainsi à 12 le nombre de régiments de chasseurs à cheval.
Une fois encore, la deuxième filiation du régiment et la présence des chasseurs de la garde Impériale à Solférino, permettra l'inscription à l'étendard du 13e chasseurs de:
SOFERINO, 1859"
Après le désastre de Sedan, en mars 1871 la garde Impériale est dissoute et avec l’apport de ses personnels il est recréé le 10 mars 1871 le "13e régiment de chasseurs à cheval".
Durant la période de paix le régiment tient garnison Libourne, Béziers, Valence puis Vienne.
La Grande Guerre:
- 1914:
Le samedi 1er août 1914, le régiment embarque en gare de Vienne en 4 trains. Il débarque le dimanche 2 août à Thaon-les-Vosges. Les 3 premiers escadrons sont stationnés à Domptail le 4e à Gimont.
Le régiment fait partie de la 6e division de cavalerie qu’il rejoint le 3 août à l’Ouest de Hablainville où la division est massée. Le régiment en entier cantonne à Gelacourt avec le 11e hussards au sein de la brigade légère dont le colonel Billy, chef de corps du 13e régiment de chasseurs, assure le commandement.
- La campagne de Lorraine:
Le 4 août, le régiment apprend que la guerre est déclarée. Un premier contact a lieu avec l’ennemi dans la région de Banamenil et jusqu’au 16 août c’est un mouvement ininterrompu de patrouilles jetées vers les lisières de la forêt de Réchicourt, des bois d’Igney et de Blamont.
Du 16 au 21 août, le régiment combat dans la région de Sarrebourg, protège le 17 août le 7e cuirassiers qui entre dans la ville sabre à la main.
Du 20 au 24 août, il participe à la défense des ponts du canal de la Marne au Rhin, protégeant le repli de la 6e division. La retraite se poursuit les jours suivants. Le 23 août, avec la division, le 13e chasseurs passe la Meuse et cantonne vers Flin.
Le 24, reprise de l’offensive à Rozelieures. Déployé à cheval sur la route de Saint Rémy, le régiment participe par ses actions au maintien de la présence de nos armes à Rozelieures. La situation étant stabilisée en Lorraine, la cavalerie peut être utilisée pour d’autres batailles et est embarquée pour la Champagne.
- La course à la mer:
Le régiment est débarqué le 8 septembre près de Brienne le Château puis se déplace sur Mailly où seule le sérieux accrochage d’une reconnaissance menée par le sous-lieutenant Bonnet se heurte à un détachement doté de mitrailleuses vers Saint-Souplet.
Le 5 octobre, le régiment est transporté par voie ferrée dans la région de Hazebrouck et débarque à Merville. Dès son arrivée, le 3e escadron du capitaine Girardon prend les avant-poste vers Stazeele et Neuf Berquin où il fait montre de sa valeur en mettant en fuite un escadron ennemi qui se dirigeait vers Doullens. Près de Baillieu, c’est le 4e escadron qui se met à son avantage en contrant un escadron de uhlans.
Le 12 octobre, le régiment regroupé emporte après trois jours de combat le village de Neuf-Berquin. Le soir du 14 octobre, sur la Lys, il est relevé par une unité de l’armée anglaise.
- Campagne de Belgique:
La 6e division de cavalerie avec le 13e chasseurs se porte sur Roulers. Le 20 octobre, le régiment, colonel en tête, occupe Roulers et, dans la poursuite de l’ennemi, arrive à Paschendale où il s’établit sur les lisières du village. Il combat et tient position jusqu’à l’arrivée de compagnies anglaises qui le relève. Le front s’étant prolongé jusqu’à la mer, le sabre remis momentanément au fourreau, c’est à pied que le 13e chasseurs se distingue lors des combats permettant de sauver Ypres.
Après avoir soutenu les fantassins pendant la bataille de l'Yser le régiment est mis au repos dans la région de Compiègne.
- 1915:
Embarqué pour l’Alsace, le régiment se fait remarquer dans les tranchées d’Eclin-Gen et de Bischeviller. En mai, il est en Artois, un mois après il est de retour dans l’Est où il est employé dans le secteur de Celles avant de se déplacer en Champagne en septembre; il s’illustre lors de la prise des tranchées sur la Mai à Massiges et en fin d’année retourne en Lorraine où il s’installe dans la forêt de Parroy.
- 1916:
Jusqu’au mois d’août, le 13e chasseurs occupe le secteur d’Avricourt au Nord de Parroy, puis vers le 15 août est déplacé dans la région de Baccarat.
- 1917:
Le régiment fournit en Alsace des détachements de travailleurs à Uberkhumen et assure la surveillance le long de la frontière Suisse.
En mars, le régiment retrouve ses chevaux et est dirigé sur l’Aisne en réserve d’exploitation lors de la grande offensive de Champagne.
Le 16 avril, il assiste, la bride au bras, au développement de la bataille qui s’est engagé dès le lever du jour. Le 28 avril, il forme un bataillon à pied pour relever un bataillon du 136e de ligne à Courcy. Il sera relevé par des Alpins et prendra alors le secteur de Loivre où il vivra de dures journées.
Le 6 juillet le régiment est mis au repos.
Du 10 août 1917 au 19 janvier 1918 le régiment prend les tranchées aux environs de Prunay, du bois des Zouaves à la Pompelle.
- 1918:
Après 6 mois de tranchées le 13e chasseurs est appelé aux environs de Paris où il séjourne jusqu’au 19 mars 1918.
Dirigé, en marche forcée, vers la Belgique, il arrive à Saint-Omer puis à Steenworde et, jusqu'au 5 mai 1918, du Mont-Noir à la Clytte, il assure le maintien du secteur qui lui est confié.
Le 2 juin, il participe à la bataille de L’Ourcq et, à partir de la région sud de Gandelu où il s’est installé, il effectue de nombreuses reconnaissances. Il sera relevé le 7 juin pour aller se reposer dans la région sud de Beauvais.
Le 1er août, le 13 chasseurs est dirigé par étapes sur la Belgique.
Du 14 au 20 octobre le régiment constitue l’avant-garde de la 6e division de cavalerie. Il se heurte, les 14,15 et 16 octobre, à des résistances dans les environs du village de Gits et sera mis à contribution avec le 13e hussards pour réduire des résistances sur les hauteurs de Lichtervelde-Groetdoele avant de continuer sur Wynghem.
L’armistice du 11 novembre stoppera la poursuite de l’armée allemande.
Seront portés à l'étendard les noms de:
"YPRES, 1914" et "FLANDRES, 1918"
Après un court séjour en Belgique, le 13e chasseurs retrouve sa garnison de Vienne puis sera dissous en 1917 à Valence.
En 1965, un régiment de réserve portant le nom de "13 régiment de chasseurs" est créé, dérivé du 4e chasseurs jusqu’en 1983 puis du 1er régiment de spahis.
Cette formation sera dissoute en 1998.
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