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Fiche éditée le 29 décembre 2011


HISTORIQUE
DU 12e REGIMENT DE CHASSEURS
(par le Lt colonel (H) Henri Azema)
En août 1769 la "Légion Corse" est créée; formée à Tarascon, elle est articulée en dix sept compagnies. En 1775 elle devient "Légion du Dauphiné". En 1779, par ordonnance du 21 janvier, elle prend la dénomination de "6e régiment de chasseurs à cheval" puis, le 29 janvier 1779, reçoit le nom de "Chasseurs des Ardennes". En 1788, en vertu de l’ordonnance Royale du 17 mars, elle devient "Chasseurs de Champagne".
C’est sous ces différentes appellations que le régiment participe, jusqu‘en 1789, aux combats menés sous la monarchie.
Sous la révolution et la convention:
De par la loi du 1er janvier 1791, les dénominations des régiments de l’ancien régime disparaissent et les chasseurs de Champagne deviennent "12e régiment de chasseurs à cheval".
- 1792:
Ses premiers engagements ont lieu dès 1792 contre l’armée autrichienne. En compte à l’armée du nord du général Lafayette, division Dillon avec les 3e, 11e chasseurs et les 5e et 6e hussards. En Argonne le 5 septembre à Grand-Pré les français ne peuvent contenir l’ennemi. Le 15 septembre à Montcheuttin c’est contre les troupes prussiennes que le 2e dragons et le régiment se retirent, laissant la victoire à l’ennemi qui marche sur Valmy.
Le 20 septembre, les armées françaises sont regroupées sur les hauteurs de Valmy commandées par Dumouriez, Kellermann et Beurnouville Les troupes de Brunswick prises à partie par l’artillerie du général Valence répondent par des tirs d’artillerie avant de se replier.
Les français marchent alors sur la Belgique; le 12 chasseurs fait partie de la première colonne sous les ordres du général Beurnouville. Avec le 6e et 12e dragons il constitue l’arrière garde de cette armée.
Le 14 novembre, sous les ordres du général Dumouriez, le 12e chasseurs est à l’avant-garde de l’armée de Belgique avec les 1er, 2e et 6e hussards et les 3e et 6e chasseurs. Il combat le 4 novembre à Boussu puis, le 6 novembre, il défait les troupes autrichiennes commandées par Albert de Saxe à Jemmapes où, toujours placé à l’aile droite, il se couvre de gloire en chargeant l’ennemi à plusieurs reprises.
Le 13 novembre, en compte à l’avant-garde du général Dampierre avec ses frères d’armes les 3e, 6e et 11e chasseurs, il participe au combat d'Anderlecht qui ouvre les portes de Bruxelles et entre dans cette ville le 14 novembre.
- 1793:
A l’armée du nord, maintenant commandée par le général Dampierre, il fait partie des flanqueurs de droite du général Murnan avec les 2e et 5e hussards et le 6e chasseurs.
Lors du siège de Condé, le général Dampierre est tué. Les troupes françaises se retirent.
Le 18 mars à Neerwinden, il subit la défaite malgré un engagement total et de nombreuses charges.
Le 7 août, à l’armée du nord et des Ardennes du général Custine, nouvelle défaite au camp de César, sous les ordres de général Kilmaine commandant la cavalerie, où le régiment constitue avec les 2e, 5e chasseurs et le 1er dragons les flanqueurs de droite.
Le 21 décembre 1793, le régiment se distingue lors d’une reconnaissance au cours de laquelle il déloge les troupes autrichiennes du village de Beauvieux.
- 1794:
C’est sous les ordres du général Jourdan, à l’armée de Sambre et Meuse, formée par la réunion de celle de la Moselle et des Ardennes ainsi qu’à l’apport de deux divisions de l'armée du nord, que le régiment est engagé le 26 juin à Fleurus contre les troupes autrichiennes. Il est en compte, avec le 4e hussards et les 22e et 25e de cavalerie, à la division Fromentin. Au cours de cette bataille, il participe par ses charges valeureuses à la victoire.
Le régiment sera récompensé, pour ses actions durant cette période, par l’inscription sur son étendard des victoires de:
"VALMY, 1791" et "JEMMAPES, 1792"
Sous le Directoire:
- 1795:
Après la chute de Robespierre, le régiment participe aux campagnes contre les coalitions européennes, dites du ‘"Saint Empire", et est engagé lors de la prise de Luxembourg le 7 juin; puis franchit le Rhin le 6 septembre, se distingue lors des combats de Kreuznach le 28 novembre et de Sulzbach le 17 décembre.
- 1796:
A l’armée de Sambre et Meuse, à la division Championnet, le régiment après avoir été engagé le 16 juillet, en avant-garde de l’armée, à Frankfort, combat à Bramberg le 4 août contre les troupes du général autrichien de Wartensleben.
- 1797:
Sous les ordres du général Hoche, le 12e chasseurs forme, avec les 1er, 3e et 9e régiments de chasseurs à cheval, une division sous les ordres du général Richepanse. Il est engagé à Neuwied le 18 avril où, avec ses frères d’armes, il se distingue et participe à la victoire contre les troupes autrichiennes de Von Wermeck.
- 1798:
A l'armée d'Helvétie et du Danube, affecté à la division Schauenbourg, le 12e chasseurs participe à l’occupation de la Suisse. Il stationne à Winterthur à l’exception d’un escadron à Zurich.
- 1799:
Le régiment, avec l’armée d’Helvétie, passe sous les ordres du général Masséna. Il combat le 3 mai à Stokach puis à Messkirch le 5 mai, et à Memmingen le 10 mai.
- 1800:
Le 11 mai, placé à l’armée du Rhin, division Vandamme, il forme la brigade Digouet, avec les 9e dragons et 11 hussards, et va participer à la campagne d’Italie. Il franchit les Alpes par le mont Saint Gothard le 22 mai, combat le 30 mai à Bellinzona puis, placé à la 2e armée de réserve qui deviendra plus tard l’armée des Grisons, il est engagé le 14 juin avec la cavalerie de Murat, brigade Rivaud lors de la victoire sur les autrichiens à Marengo.
De retour en France le 3 juillet, il est affecté le 31 juillet à la 2e armée de réserve, division de cavalerie Laboissiere, rassemblée aux environs de Genève et de Lausanne et franchit le Splungen le 9 décembre 1800.
- 1801-1804:
Après la paix de Lunéville signée le 9 février, le 12e chasseurs cantonne à Bâle le 5 mars puis rentre en France et prend garnison à Vesoul en septembre.
Du 15 septembre 1802 à 1803, il va s’installer à Belfort puis se déplace en 1804 dans le nord de la France où ses escadrons son dispersés: le 1er et le 2e escadron à Aire, le 3e à Calais et le 4e à Ath.
Sous l’Empire:
- 1805:
En août, sans déclaration de guerre, l’armée autrichienne attaque la Bavière. Le 12e chasseurs quitte ses garnisons passe le Rhin en septembre et rejoint la Grande Armée où il est en compte au 3e corps de Davout, 3e division de cavalerie Viallanes, à la 2e brigade avec le 2e chasseurs. Durant cette campagne d’Autriche, il combat à Memmingen le 15 octobre puis, le 2 décembre, c’est la bataille d’Austerlitz contre les troupes russo-autrichiennes où le régiment se distingue par ses charges, et est récompensé par une 3eme inscription à l’étendard:
"AUSTERLITZ, 1805"
Le 15 décembre, le traité de Schönbrunn met fin aux hostilités avec la 3e coalition.
- 1806:
Le 1er octobre une quatrième coalition voit le jour, le régiment est engagé dans les campagnes de Pologne et de Prusse. Le 14 octobre, il défait les troupes prussiennes de Frédérik II à Auerstedt, combat à Czarnowo le 24 décembre et Golmin le 26.
- 1807:
En Pologne, ce seront les combats de Gross-Krug et d’Eylau le 18 février, d’Heilsberg le 10 juin et de Friedland le 14. Cette dernière victoire amène le traité de Tilsitt qui est signé le 27 juillet.
- 1808:
Par décret du 12 octobre, la Grande Armée est dissoute. Le 12e chasseurs incorporé à la brigade du général Beaupré reste stationné en Allemagne, à la nouvelle armée du Rhin, toutefois, il est amputé de deux escadrons mis à la disposition du 2e corps de Gironde en Espagne.
- 1809:
En janvier, lors de la 5e coalition, l’Autriche envahit la Bavière. Le régiment, toujours au 3e corps de Davout, fait partie de la cavalerie du général Montbrun à la brigade Pajol avec le 5e hussards et le 11e chasseurs. Il s’illustre lors des combats de Eckmühl le 22 avril, Ratisbonne le 23 et Wagram les 5 et 6 juillet. Le traité de paix de Vienne du 14 octobre 1809 donne du répit aux troupes napoléoniennes.
- 1812:
En janvier 1812 une nouvelle coalition est à nouveau créée contre l’Empire français. La Grande Armée reconstituée fait route sur la Russie. Toujours amputé de ses escadrons en Espagne, les 1er escadron (capitaine de Livremont) et le 2e escadron (capitaine Montaglas) participent à la campagne à la brigade Saint-Genis, 2e division Wathiez. Ces deux escadrons participent aux batailles de Wilna, Krasnoé le 14 août, la Moskova le 7 septembre.
Puis, suite à l’abandon de Moscou, ce sera le combat de Winkowo, le 18 octobre 1812, où sous la conduite de Murat les escadrons du régiment par des charges répétées dispersent la cavalerie ennemie. Le chef de corps de 12e chasseurs, le colonel Ghigny, est blessé lors de l'une de ces charges.
- 1813:
Les combats se portent en Saxe, les restes des deux escadrons font partie du 2e corps de cavalerie du général Sébastiani, brigade Gérard, ils sont des combats de Konnern, Hanau le 30 octobre, La Katbach le 26 août et Leipzig du 15 au 19 octobre où les charges répétées des cavaliers français contribuent au succès.
Fin 1813, les combats se portent sur le territoire national.
- 1814:
C’est avec des escadrons décimés que le 12e chasseurs se bat à Brienne le 29 janvier, La Rotière le 1er février, Champaubert le 10 février, Montmirail 11 février, Vauchamps le 14 février et Craonne le 7 mars 1819. Durant toutes ces batailles, les restes du régiment sont en compte au 6e corps de maréchal Marmont à la 1ère division de cavalerie du général Doumerc.
Le 6 avril 1814, l'Empereur abdique à Fontainebleau et les Bourbon sont de retour. Sous la première restauration le régiment conserve son numéro et n’est pas dissous.
- Les cent jours:
Le 1er mars Napoléon quitte l’île d’Elbe et le 20 mars il entre dans la capitale. Mais les alliés reprennent les hostilités. Très vite il faut réorganiser l’armée; le 12e chasseurs à l’armée du nord du Marquis Grouchy est en compte à la 3e division de cavalerie Vandamme, brigade Vinot. Il se distingue à Ligny le 16 juin 1815 et à Waterloo le 18 juin 1815 où, lors des charges contre les carrés anglais, le chef de corps le colonel de Grouchy est blessé.
Le 16 juillet 1815, après la deuxième abdication de l’Empereur le 12e régiment de chasseurs à cheval est licencié.
Seconde Restauration et second Empire:
Le 30 août 1815, sous le nom de "chasseurs de la Marne", le régiment renaît puis, par ordonnance du 24 février 1825, retrouve son appellation de "12e régiment de chasseurs à cheval".
- 1823:
Pour rétablir le roi d’Espagne Ferdinand III sur son trône, un corps expéditionnaire est placé sous le commandement du duc d’Angoulême. Le 12e chasseurs est en compte au 3e corps du prince de Hohenlohe. Cette opération qualifiée de "Manœuvre militaire à tir réel" n’engage pas le régiment hormis quelques escarmouches d’avant-garde. En février 1823 le régiment rentre en France.
- Campagnes en Afrique du Nord (Pour mémoire):
C’est durant la deuxième restauration, par ordonnance royale du 1er juillet 1831, que les cinq premiers régiments de chasseurs prennent l'appellation de "lanciers". En conséquence, la numérotation des autres formations avance de cinq rangs et le 17e chasseurs devient 12e chasseurs. Le nouveau 12e chasseurs ne participe pas à la conquête de l'Algérie. Cependant, deux escadrons de l'ex 17e chasseurs, présents sur ce territoire sont devenus à leur insu et en toute ignorance des unités du 12e régiment de chasseurs. Peu après, par ordonnance royale du 17 novembre 1831, ces deux escadrons participeront à la création du 1er régiment de chasseurs d’Afrique qu’ils intégreront.
Mais l'engagement de ces deux unités lors de la prise d'Alger permettra au 12e chasseurs de recevoir sur son étendard l'inscription:
"ALGER, 1830"
Le 15 avril 1859, le régiment est désigné pour aller en Algérie. Il prend garnison à Blida, Miliana et Orléansville. En septembre 1859, il est dirigé sur la frontière marocaine pour combattre des tribus rebelles. Victime d’une épidémie de choléra il perd de nombreux cavaliers. Le 27 septembre 1859 il est engagé au col de Tegma. En septembre 1861 le régiment rentre en France.
- Le Mexique, 1863-1867:
Le 2 juillet 1863, le régiment, en garnison à Carcassonne, détache les 5e et 6e escadrons au 2e régiment de marche lors de sa création pour l’expédition du Mexique. La troupe embarque à Toulon le 23 août et débarque au Mexique le 15 octobre.
Dès son arrivée sur le territoire le 6e escadron du capitaine Vata s’illustre et fait l’objet de la citation à l’ordre de la brigade suivante:
Le 6éme escadron du 12° chasseurs à Cheval est le premier du corps de la colonne qui ait eu l’honneur de rencontrer l’ennemi, les autres corps le lui envient, et applaudissent donc à la charge pleine d’élan qui lui a procuré, le 3 novembre 1862 à Plan Del Rio, le succès si complet et si brillant que nous avons pu constater par le nombre des morts et des blessés laissés par l’ennemi dans sa fuite. Le général commandant la colonne est heureux de pouvoir témoigner par la voie de l’ordre sa satisfaction à tous les officiers, sous-officiers et cavaliers, et particulièrement à l’officier supérieur, monsieur le lieutenant-colonel Margueritte, pour la vigueur qu’ils ont donc déployée en cette circonstance." Le général d’Allonville.
Le 11 février 1863, c’est à Los Loanos, que le 12e chasseurs s’illustre à nouveau en dégageant des convois de ravitaillement attaqués par les mexicains. A San Lorenzo le 22 mars 1863, il s'empare d'un important butin et ses dernières actions contribuent à bloquer la ville de Puebla et d’aliéner les espoirs mexicains; la ville tombera en mai 1863.
En mars 1864, après l’entrée à Mexico des troupes françaises, l'état major du régiment et les 1er et 2e escadrons rejoignent le Mexique où le régiment est reconstitué. Il se distingue dans les opérations de la campagne de l'intérieur, notamment lorsque le sous-lieutenant Castagnié, à la tête de son peloton de trente hommes, met en déroute un détachement de trois cents cavaliers mexicains et en juin 1865 à Urcuapan, où 70 chasseurs sabrent et mettent en fuite un bataillon d'élite et forcent un important détachement au repli.
Le régiment quitte le Mexique en février 1867 et prend garnison à Castres.
S'ajoutera à l'étendard le nom de :
"PUEBLA, 1863"
- La guerre 1870-1871:
Lors des prémices de la déclaration de guerre le régiment est en garnison à Joigny. Début juillet il laisse sur place le 2e escadron et rejoint les frontières de l’est. Il fait partie de l’armée du Rhin, placée sous les ordres du maréchal Mac-Mahon; le régiment, commandé par le colonel de Tuce, est en compte à la 1ère brigade du général Bernis avec le 5e régiment de hussards.
Le 12e chasseurs ne participera pas aux grandes batailles d’Alsace, mais au cours d'une reconnaissance, sera la première unité qui entrera au contact des allemands dans les circonstances suivante:
Le 24 juillet, le général de Bernis bivouaquait à Niederbronn avec le 12e chasseurs. Au cours d’une reconnaissance faite dans la région, l’escouade du lieutenant de Chabot comprenant le maréchal des logis Panier et 18 chasseurs arrive dans le petit village de Schirlenhoff. Un détachement de dragons bavarois est surpris, attablé au café du village; après un échange de tirs qui tue le sous-officier français, les allemands sont faits prisonniers. Un autre détachement arrivé sur les lieux prend en charge les prisonniers ainsi que les blessés et regagne Niederbronn.
Un monument, dans le cimetière de Schirlenhoff, perpétue le souvenir de cette première rencontre entre français et allemands., on peut y lire:
"Ici repose la première victime française de la guerre franco-allemande 1870-1871
CLAUDE FERREOL PANIER
maréchal des logis du 12 régiment de chasseurs à cheval, chevalier de la Légion d'honneur
tué dans une reconnaissance à Schirlenhoff."
Le régiment dans sa retraite vers Sedan, est engagé à Buzancy les 26 et 27 août où il s’illustre d’une manière remarquable dans des combats à pied dramatiques, parfois à l’arme blanche. Lors de ces combats, le régiment n'était composé que des 3e, 4e et 5e escadrons, le 6e était resté en réserve et le 1er était enfermé à Metz avec l’armée de Bazaine.
Très diminué après Buzency, le régiment se regroupe près de Mézières et échappe ainsi à la capitulation de Sedan. Il va se reformer à Clermont-Ferrand, puis est dirigé sur l’armée de Normandie. Il rejoint Rouen le 22 septembre 1870 et combat à Etrepagny le 29 novembre.
Après l’armistice signé le 28 janvier 1871, le 12 chasseurs fait partie de l’armée de Versailles et participe à la répression contre la commune dès le 18 mars.
Le régiment mène ensuite une vie tranquille de garnison qui de Lunéville et Sézanne en 1907 l’amène à Saint-Mihiel où il tient garnison jusqu’à début août 1914.
Guerre 1914-1948:
Dès le 1er août, le 12e chasseurs quitte ses garnisons de Saint-Mihiel et de Pont-à-Mousson où stationne un de ses escadrons et va se positionner, en couverture, dans la Région de Limey en Meurthe et Moselle.
- 1914:
Du 5 au 20 août, de nombreuses escarmouches ont lieu à Xon, à Onville-les-Baraques et le 10 août entre Champs et Dampvitoux.
Le 21 août le régiment au complet se retrouve à Senon; après quelques combats sporadiques le régiment occupe successivement plusieurs villages devant Verdun.
Les 29 et 30 août, le régiment détache des reconnaissances à l'est de la Meuse et le 6 septembre, c’est dans la région de Heippes, au plateau de Saint-André, puis le 7 septembre au bois de la Fourasse (2 km. S.-E. de Nomeny), que le régiment est accroché.
Du 23 septembre au 25 novembre, le 12e chasseurs cantonne à Sommedieue. Au cours de cette période, les escadrons sont détachés successivement auprès des divisions d'infanterie et fournissent des patrouilles et des reconnaissances. Du 18 au 22 décembre, le régiment fournit un escadron à pied pour occuper les tranchées au nord de Saint-Rémy.
Du 26 novembre au 8 février 1915, le 12e cantonne successivement à Monthairon et Lemmes, et assure le même service.
- 1915:
En janvier, le peloton cycliste du régiment assure les tranchées dans la région des Éparges, tranchée de Calonne. Il stationne ensuite à Souilly le 9 février où il prend le même service jusqu‘au 20 févier.
Le 15 février 1915, le lieutenant-colonel de Partouneaux, prend le commandement du 12e régiment de chasseurs succédant au colonel Frothée.
Jusqu’au 24 avril, le régiment prend les tranchées successivement dans les secteurs du Bois-Haut, Éperon 340, Saint-Rémy et dans de nombreux villages de la Meuse où il a été déplacé. Le 25 avril, les allemands tentent une offensive sur la tranchée de Calonne, la fraction du régiment n'occupant pas les tranchées est alertée et reçoit l'ordre de se porter sur Rupt. Jusqu’au 28 le groupement du 12e chasseurs résiste et contre l’attaque allemande.
Le 30 avril, le régiment se reconstitue à Sommedieue avant de rejoindre Chaumont-sur-Aires où il cantonne jusqu'au 4 août 1915, prenant en juin les tranchées à Malimbois et en juillet celles du bois des Gauffiére. Le 1er septembre il est mis au repos à Souilly.
Le 14 août, le lieutenant-colonel de Partouneaux, nommé chef d'état-major de la R.F.V, quitte le régiment et remet le commandement au chef d'escadrons Lebée.
Le 2 septembre, le régiment fait mouvement sur le camp de la Noblette en Champagne. Le 10, le colonel Cochin, nommé au commandement du 12e chasseurs, prend le commandement du régiment qu'il transmet dès le 26 au colonel Ore.
Le 21 novembre, un détachement est aux tranchées à l'ouest de la route Souain–Somme-Py et le 26, le lieutenant-colonel Joannard, prend le commandement du régiment.
- 1916:
Jusqu'au 31 mai, le régiment cantonne à Saint-Étienne-au-Temple et fournit en permanence un détachement aux tranchées. Le 17 mai, le lieutenant-colonel Joannard est blessé par des éclats d'obus lors d'une inspection aux tranchées.
Le 1er juin, le régiment quitte Saint-Étienne-au-Temple et se rend par étapes à Condé-en-Barrois et Génicourt (Meuse) où il arrive le 8 juin.. A partir de ce dernier cantonnement, il est employé à de missions diverses : manutention de munitions au dépôt de Lemmes, exécution de différents travaux, surveillance de la circulation, coureurs à disposition des divisions d'infanterie dans le secteur du Tunnel de Tavannes, Marceau, Cabaret-Rouge, Tourelle, Poudrière, Souville.
- 1917-1918:
Pour la suite de la guerre le régiment sera morcelé et ses escadrons répartis dans les divisions, c’est ainsi que :
- Le 1er escadron (Capitaine Quesnel) est affecté à la 12e D.I. le 22 mars 1917. Avec cette division il participe aux opérations dans l’Aine et l’Oise du 26 mars au 9 juin , dans les Vosges et le territoire de Belfort du 15 juin au 12 mars 1918, dans la Somme du 13 mars au 6 avril, en Lorraine du 12 avril au 15 juillet, dans l’Aisne et le Nord du 8 octobre au 11 novembre. Il stationne en Belgique jusqu’au 24 décembre avant de rejoindre Brumath en Alsace le 25 décembre 1918.
- Le 2e escadron (Capitaine de la Taille) est affecté à la 56e D.I. le 10 mars 1917. Avec cette division il participe aux opérations de l’Oise et de l’Aisne du 10 mars au 5 juin, des Vosges et d’Alsace du 6 juin au 2 février 1918, de Picardie du 21 mars au 9 avril, de Lorraine du 31 juillet au 1er novembre 1918, des Vosges du 8 au 11 novembre puis entre en Alsace le 19 novembre 1918.
- Le 3e escadron (Capitaine Martin) et affecté à la 127e D.I. le 24 décembre 1916. Avec cette division il participe aux opérations de l’Aisne et de la Somme du 24 décembre 1916 au 8 juin 1917, des Vosges et de la frontière Suisse du 9 juin 1917 au 20, de Picardie-Oise-Meuse et Argonne du 21 mars au 10 août 1918, de l’Aisne du 21 août au 30 octobre puis est dirigé sur l’Est et entre en Alsace le 19 novembre 1918.
- Le 4e escadron (Capitaine Etchegoyen) et affecté à la 166e D.I. Avec cette division il participe aux opérations en Lorraine dans le secteur de Lunéville de mai à juin 1918, de Picardie et de l’Aisne de juillet à août 1918; la poursuite de l’armée allemande l’amène à Maçon en Belgique où l’armistice le trouve le 11 Novembre 1918 à 11 heures, à l'ouest de Bouttonville.
Ces unités rejoindront le régiment à la dissolution de leurs divisions respectives après le 11 novembre 1918.
Pendant cette période, l’Etat major du régiment, avec des moyens réduits, se déplace par étapes en direction de l’est et participe à des actions diverses, ses officiers étant employés à des postes de responsabilité de secteurs divisionnaires.
Après avoir stationné à Gérardmer du 29 décembre 1917 au 20 janvier 1918, il cantonne à Vesoul du 29 janvier au 21 mars. Le 22 mars, il quitte les Vosges et est transporté par voie ferrée dans l’Oise, sur le front nord de la Somme, et débarque à Tricot-Montdidier. Les 24 et 25 mars, il cantonne à Maignelay, puis dans différents villages de la région de Tartigny où il assure jusqu’au 2 mai la surveillance au service de la circulation avant de retourner en Lorraine où jusqu’au 9 novembre il stationne à Lunéville.
L’armistice du 11 novembre trouve l’Etat-major et son détachement à Bénaménil
Le 18 novembre, le 12e régiment de chasseurs à cheval, avec les 2e et 3e escadrons, constituant l'avant-garde du 6e corps d'armée, cantonne à la Plateforme-du-Donon. Le 19 novembre, il descend dans la plaine d'Alsace par Schirmeck, Wis, Urmath et Still.
Le 23 novembre, il est à Brumath, séjourne à Sufflenheim le 24 et le 25 novembre et entre dans Haguenau le 26 novembre où il défile devant le général Gérard, commandant la VIIIe armée.
Le 9 décembre 1918, le régiment rend les honneurs au Président de la République à Strasbourg puis du 10 décembre au 15 janvier 1919, il séjourne à Haguenau et se met en route le 16 janvier pour se rendre dans sa nouvelle garnison: Sedan.
Pour les actions du 12e chasseurs durant cette campagne, l'étendard du régiment reçoit dans ses plis les noms de:
"L'AISNE, 1917" et "L’AVRE, 1918"
Campagne de France 1939-1945:
- 1939:
A la déclaration de la guerre en 1939 le régiment est en garnison à Sedan, il est commandé par le colonel Lesne.
Affecté à la 5e division légère de cavalerie du général Chanoine il est en compte, avec le 12e cuirassiers, à la 6e brigade de cavalerie du général Brow de Colstoun et fait partie du groupement ouest pour la campagne de Belgique.
Dès le 10 mai, le 3e escadron qui fait l’avant-garde de la 5e D.C.L, peloton Manet en tête, passe la frontière Belge à 8h15 et progresse vers Offagne. Le régiment atteint son deuxième objectif: la forêt de Luchy puis, à 16 heures, reprend sa marche en avant pour tenir la voie ferrée Namur-Arlon et particulièrement Libremont qui est occupé par le 3e escadron; le 2e escadron tient le chemin de fer, le 1er escadron est en couverture près de Recogne et le P.C en retrait à l’ouest de Libremont.
Le 11 mai, vers 9h30, les troupes de la 2e Panzer arrivent en force. Le 3e escadron tient fermement sa position et empêche les allemands de franchir le pont de Libremont qui est dynamité. Les allemands étendent leurs attaques vers les 2e et le 4e escadron qui résistent.
A 16heures, devant la progression de l’ennemi l’ordre et donné de se replier sur la Semois mais la percée allemande vers Neufchâteau oblige un retrait général sur la France.
Au soir du 11 mai, le 12 chasseurs ne compte plus que deux escadrons bien diminués, deux pelotons à cheval au 4e escadron et quelques fractions au 5e escadron. Vers 19 heures il est installé sur la ligne Corbion – sortie Sud de Bouillon- Beaubrun.
Le 1er escadron arrive à Charleville après avoir passé le Sémois aux Hautes Rivière. Les restes du 12e chasseurs rejoignent le 13 mai, les deux pelotons cyclistes du 4e esc ont perdu la moitié de leur effectif.
A partir de ce rassemblement, lors de la 1ère campagne de France, le 12e régiment de chasseurs à cheval sera employé pour des actions d’arrière-garde qui le mèneront jusqu’à Saint Valery en Caux où, encerclé avec les débris de la 2e armée, il sera fait prisonnier et, n’apparaissant plus dans l’ordre de bataille, sera dissous le 12 juin.
- 1945:
Le régiment renaît le 1er janvier 1945 dans le Cher sous l’appellation de "12e régiment de chasseurs de France" à partir de la 33e demi-brigade des forces française de Maubeuge. Il entre alors dans la composition de la 1ère division d’infanterie. Le 10 février le colonel Rougier est désigné comme chef de corps.
Le régiment stationne à Vierzon pour l'Etat-major, l'E.H.R. et le 2e escadron, le 1er escadron est à Vignon, le 3e à Vheillay, le 4e à Massa.
Le 8 mai 1945, il reçoit à Paris l’étendard du "12 régiment de chasseurs à cheval".
Début mai, le régiment fait mouvement sur le Palatinat et s’installe dans des cantonnements provisoires. Le 6 juillet, il change de garnison et fait mouvement sur la Sarre où il prend garnison en tant que troupe d’occupation et sera dissous le 30 avril 1946.
- 1963:
Le 15 janvier le régiment est recréé à Sedan à partir du 21e régiment de spahis dissous. Mais suite à la disparition dans l’ordre de bataille des unités à cheval c’est sous le nom de "régiment de chasseurs" que le 12e voit le jour.
Suite à la réorganisation de l'armée, le 12e régiment de chasseurs est dissous à Sedan le 30 juin 1984.
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