Créé par décret de la Convention le 28 juillet 1793, le 11e régiment de hussards va participer à la guerre de Vendée, puis fait campagne sur le Rhin. Il sera ensuite sur la Bidassoa en 1794, en Allemagne en 1796 et 1797, en Italie en 1799 et 1800.
A la réorganisation de l’an XII, le régiment devient 29e dragons et il faudra attendre 1810 pour voir renaître le 11e hussards, reformé avec le régiment de hussards hollandais. Pour ces hollandais, vétérans de la Grande Armée, ce sera la juste récompense de leur valeur.
Ces hommes se sont en effet illustrés au cours de nombreuses campagnes: rassemblés en Hollande en 1797, ils sont engagés contre les anglais en 1799, puis en Allemagne sous les ordres d’Augereau en 1800 et 1801.
En 1805, ils sont affectés au deuxième corps de la Grande Armée commandé par le maréchal Marmont. Avec le 6e hussards et le 8e chasseurs, ils forment la division Lacoste. Ils vont participer à toute la campagne, se distinguent à Altmark, mais ils ne sont pas engagés directement à Austerlitz.
En 1806 et 1807, au 8e corps du maréchal Mortier, ils combattent les suédois du baron d’Essen en particulier devant Colberg. En 1809, pendant que Napoléon est engagé contre l’Autriche, la Prusse s’agite et dans la jeune Westphalie des troubles éclatent, des bandes armées amorcent un soulèvement. Le major prussien Schill va constituer la plus redoutable de ces bandes. Parmi les troupes que le général Gratien va emmener à la poursuite du major figurent des hussards hollandais. Le 25 mai, Schill arrive devant Stralsund et, libère la ville dont il organise aussitôt les défenses. C’est le 31 mai que le général Gratien va lancer à l’assaut les hollandais et, au cours de combats furieux, un hussard hollandais abat d’un coup de sabre le major prussien. La mort du célèbre chef de bande décide de la victoire. La révolte est matée.
Pendant que ces combats se déroulent dans l’Allemagne du nord, quatre escadrons de hussards hollandais ont été dirigés vers l’Espagne.
Le 25 octobre 1808, les escadrons hollandais pénètrent en Espagne. Tout de suite, ils sont dirigés vers le quatrième corps commandé par le maréchal Lefèvre et le 31 octobre les hussards vont participer à l’offensive déclenchée par le Maréchal contre les troupes de Blake.
C’est la victoire de Durango, mais cette victoire est incomplète, l’attaque sera jugée prématurée car elle a permis aux troupes de la Romana d’échapper à un encerclement total.
Les hussards vont être ensuite engagés dans de multiples opérations en particulier dans le secteur de Toro où le lieutenant-colonel Van Housse sera blessé grièvement.
Les armées espagnoles menacent les troupes du roi joseph, mais les français vont prendre l’offensive.
Pendant que Victor marche contre l’armée de Cuesta qu’il va battre à Medelin le 28 mars, le quatrième corps passé sous les ordres de Sebastiani va combattre l’armée de Cartoajal.
Sébastiani emmène ses trois divisions (Sébastiani, Leval et Valence), et la division de dragons du général Milhaud (5e, 12e, 16ème, 20e et 21e régiments de dragons). Les hussards hollandais marchent avec ce corps. Le 11 février, le duc d’Albuquerque qui tente de barrer le passage est repoussé. Le 26, l’avant-garde de Sébastiani est arrêtée devant la Guadiana dont le pont reste intact. Le 27 au matin, le corps est regroupé et Sébastiani lance l’attaque, le pont est pris, les espagnols sont battus et poursuivis à outrance par la cavalerie. Les hollandais se sont particulièrement distingués, le colonel Van Roesk Van Alkemade, blessé dans ce combat, est sauvé par le trompette major du régiment nommé Himmerman. Ramenés à Valdepenas, les hussards seront engagés dans de nombreuses opérations limitées, mais les armées espagnoles se reforment et avec l’appui des portugais et des anglais de sir Arthur Wellesley elles vont reprendre l’offensive.
Le 27 juillet, c’est la bataille de Talavera. Les hussards hollandais vont participer brillamment à la lutte contre Venegas et, le 11 août, Sébastiani remporte la belle victoire d’Almonacid, détruisant la petite armée du général espagnol. Sir Wellesley, devenu Lord Wellington, est nommé généralissime mais reste sur la défensive, la junte qui veut toujours attaquer lance en avant une nouvelle armée avec un nouveau général: Areizaga. Cette nouvelle armée sera elle aussi vaincue à Ocana le 19 novembre. Ce sera le dernier combat des hussards hollandais en Espagne. On les retrouve à Madrid avec le 26e chasseurs au début de 1810. Un escadron sera versé au 1er hussards, les autres rejoindront le dépôt de Bois-le-Duc pour former le 11e hussards conformément au décret du 18 août 1810.
Organisé à Arras par son colonel, Gérard de Collaert, le régiment sera versé en janvier 1812 dans le corps du maréchal Ney qui deviendra en avril le troisième corps de la Grande Armée. Les hussards forment avec le 6e chevau-légers la 6e brigade légère (général Mouriez). Les chasseurs wurtembergeois n°4 marchent avec eux. Le troisième corps comprend aussi la 14e brigade légère du général de Beurman assisté du général de Bruning. Cette brigade comprend les 4e et 28e chasseurs et les chasseurs wurtembergeois numéros 1 et 2. Le régiment passe le Niémen le 24 juin 1812. Murat va prendre le commandement de l’avant garde, le 11e hussards participe à cette découverte à la rencontre des russes qui refusent le combat.
Le 13 août, ils sont à Chalovo et Khornino couvrant l’aile gauche de la Grande Armée.
Le 14 août, premier combat sérieux devant Krasnoi. Là, se trouve la division Nemjerowski renforcée d'une batterie de 10 pièces qui est couverte par les dragons Charkov. Le maréchal Ney en personne va mener l’attaque, mais la résistance russe sera opiniâtre et leur repli se fera dans un ordre relatif. Les hussards chargent et poursuivent l’ennemi.
Le régiment sera à Smolensk le 17 août, couvrant la gauche vers Katan. Dans la progression vers Moscou, le régiment est toujours à l’avant-garde, puis c’est la bataille de la Moskowa et dans les charges de cette journée terrible, le général Mouriez est grièvement blessé. Le 11e hussards chargera encore pour dégager la route, le général de Beurman a pris la tête de la brigade qui arrive enfin à Moscou. Le régiment n’a plus que 140 cavaliers.
Pendant la retraite, le régiment réduit va participer à l’épopée de l’arrière-garde. Contre le froid, contre l’ennemi, combattant autour du maréchal Ney, il va écrire l’une des plus belles pages de l’histoire du courage militaire.
Après Malojaroslawetz, Mojaisk, Viasma, Krasnoï, se frayant un chemin difficile au milieu des russes, Ney et ses hommes pourront franchir la Bérésina et repasser enfin le Niémen. Le régiment ne compte plus que 79 hommes, 160 ont été évacués au cours de la campagne, tous les autres sont restés "là-bas".
En 1813, le colonel de Collaert a été mis à la retraite à Moscou; le nouveau colonel à Arras est le baron Liégeard. Le capitaine Pependrecht peut, en 1813, disposer d'un escadron valable qui est affecté au 2e corps de cavalerie de Sebastiani. Il fait partie de la petite division Exelmans (750 cavaliers) comprenant les chasseurs n° 4, 7, 20, 23, 24 et le 11e hussards. Ces hommes, engagés victorieusement à Sprottau le 26 mai, vont souffrir à la Katzbach et charger à Leipzig le 16 puis le 18 octobre. Ils chargent encore à Hanau, se couvrant de gloire pour la dernière fois, avant que le régiment soit dissout au début de 1814. Il ne sera reformé qu’en 1873.
Pour les combats livrés par le régiment depuis sa création l'étendard a reçu dans ses plis les noms des victoires auxquelles il a participé:
Le 11e hussards reconstitué participera au premier conflit mondial avant d’être dissous définitivement en 1919.
Sa participation aux combats de la Grande Guerre apporte à l'étendard deux inscription supplémentaires: