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édité le 15 juin 2010


Le général Michel, Arsène, Victor LADVOCAT

1830-1903

Michel, Arsène, Victor LADVOCAT né au Havre le 18 août 1830 était le fils de Placide, Léon Ladvocat, entrepreneur des travaux publics de cette ville, auteur de plusieurs projets pour l'agrandissement du port, et de Louise, Eglé, Clémentine Le Tellier.
Après des études au collège du Havre, le jeune Victor est admis à l'école Polytechnique en novembre 1850 et passe ensuite, selon l'usage, deux années à l'Ecole d'application de Metz.
Au sortir de cette école, il est incorporé le 16 octobre 1854, comme lieutenant en second, au 11ème régiment d'artillerie.
Il fait ses premières armes en Crimée, où il se distingue par son esprit d'initiative et par sa bravoure. Bléssé le 27 octobre 1855 à l'épaule gauche par un éclat d'obus, il reçoit le 16 avril 1856 la croix de la Légion d'honneur.
Nommé capitaine en second le 14 mars 1859, il ne sera promu chef d'escadron que le 22 décembre 1870, le lendemain du combat de la Malmaison.
Dans les journées de Champigny, "l'intrépide commandant Ladvocat", comme le nommait le général Ducrot, dirigea l'artillerie de la division. Cette artillerie, qui était composée de deux batteries de 4 et d'une batterie de mitrailleuses, fit très bonne contenance. "Les canonniers comme électrisés par leurs officiers payant tous de leur personne, montraient" dit le général Ducrot "un entrain, une ardeur qui semblaient croître avec le danger". Les colonnes ennemies furent maintenues à distance par les mitrailleuses. A la suite de ces engagements, Ladvocat fut, le 10 décembre 1870, promu lieutenant-colonel. Il assista à l'affaire du Bourget le 21 décembre 1870 et à la bataille de Buzenval le 19 janvier 1871.
Ladvocat rendit ensuite des services, soit dans les régiments, soit à la direction de Reims où il organisa l'armement de la place.

Il fut successivement:

Officier de la Légion d'honneur le 18 juillet 1878, commandeur en 1885, grand-officier le 5 juillet 1895, le général Ladvocat est mis au cadre de réserve le 18 août suivant.
Rentré dans la vie civile, il menait une paisible existence lorsque la mort le surprit le 1er février 1903.

Au physique, Ladvocat avait une haute stature, une belle prestance, un visage calme et résolu. A ces qualités extérieures, venaient s'adjoindre une intelligence d'élite, un jugement sûr, une prodigieuse activité, en même temps qu'une bienveillance parfaite et une inébranlable équité.C'est assez dire que notre concitoyen possédait les vertus militaires qui triomphent des difficultés et assurent le succès. Il s'est longuement appliqué à améliorer notre artillerie. On prétend même qu'il ne fut pas étranger à la création des obus à la mélinite et du fusil Lebel.

L'Enseignement mis en cause:

Extraits d'un rapport, daté du 14 juin 1894, rédigé par le Général Ladvocat , Inspecteur général de l'Ecole polytechnique:
"L'objectif est bien défini : ... mettre nos officiers, nos ingénieurs et nos savants dans un état de supériorité incontestable sur leurs rivaux de l'étranger.
Où se trouve l'origine du mal ? L'enseignement dispensé à l'Ecole est trop étendu, trop élevé; il est impossible de donner en 2 ans, d'une manière efficace, un enseignement aussi vaste et aussi encyclopédique. Il existe un manque de correspondance entre l'enseignement propre à l'Ecole et les exigences pratiques des services qui s'y recrutent. La part des questions abstraites est trop forte, en outre les matières enseignées occupent une telle étendue que les élèves ne peuvent que les étudier superficiellement sans en approfondir aucune. Les élèves sortent fatigués; pour la plupart, la limite d'élasticité est dépassée.
Tous tombent d'accord sur le remède: Réduire les cours ; mettre l'enseignement à la portée du niveau moyen des élèves ... ménager en principe 3 heures aux élèves pour l'étude de chacune des leçons importantes... Les professeurs de l'Ecole sont même à peu près unanimes, chacun d'eux faisant naturellement une exception en faveur du cours dont il est chargé, mais se montrant sévère dans sa critique pour les autres parties de l'enseignement. O tempora ! O mores !
Les obstacles sont considérables. D'une part, les décisions se placent dans les mains des savants les plus abstraits qui ne peuvent ... se subordonner aux nécessités des applications pratiques. De l'autre, les forces intérieures à ce solide invariable (l'Ecole), n'en peuvent pas à elles seules modifier le mouvement ; une puissance extérieure seule en est capable."

Biographie réalisée par ses descendants: Yves Ladvocat-Cintra (Rio de Janeiro-Brésil) et J.P. Wittorski (France).
Présentation et dossier audio par C.Aïcardi.

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