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édité le 4 janvier 2010


Louis Alexandre BERTHIER

Maréchal de France



berthier 20/11/1753
01/06/1815
Armes

Berthier Louis Alexandre fils aîné de Jean-Baptiste ingénieur géographe à la cour de Louis XV et de Marie-Françoise L’Huillier de la Serre naquit le 20 novembre 1753 à Versailles. De part la situation de son père ce sont les précepteurs de la cour qui veillent à son enseignement.

A 11 ans, il est admis à l’école royale du génie à Mézières, il en sortira deux ans plus tard et choisit le corps des ingénieurs cartographes ce qui le place sous les ordres de son père.



C’est sous la monarchie que Berthier débute sa carrière militaire;
Le 24 mars 1772, il sert en tant que lieutenant à la légion de Flandre, unité d’infanterie, puis le 16 août 1776 aux dragons de Lorraine qui passaient pour une des meilleures écoles de cavalerie. Le passage dans ce régiment lui vaut d'excellentes notes et à 23 ans d’âge, le 2 juin 1777, il est promu capitaine et reçoit une mutation provisoire le 8 avril 1779 pour servir au "2e régiment de chasseurs à cheval".
Les treize colonies anglaises d’Amérique en conflit ouvert contre l'Angleterre luttent pour leur indépendance et demandent aide à la France. Un corps expéditionnaire est constitué sous les ordres de Rochambeau fin 1779. Affecté au "Soissonnais infanterie" le 20 avril 1780, Berthier embarque à Brest sur "l’Auguste" le 25 juin pour les Amérique via la Martinique. Il débarque après un voyage épisodique à Newport le 28 Septembre 1780. Cette drôle de guerre va durer 38 mois au cours de laquelle il est dans un premier temps employé à réaliser la carte de "Long Island" puis s’illustre en combattant dans l’armée de Rochambeau. Le 1erjanvier 1781 il est nommé sous-aide général maréchal des logis. Les préliminaires de paix étant signés entre la France et l’Angleterre, il rentre en France avec l’armée et débarque à Brest en juin 1783.

Très apprécié, il tient jusqu’en 1789 des postes importants comme Adjoint à l’état-major des armées le 13 juin 1783, aide maréchal des logis le 25 décembre 1787 près des troupes du général Lafayette.
Berthier2 Après la révolution, il est employé à la 17e division militaire de Paris, à la direction générale des dépôts de la guerre le 25 avril 1792, à l’armée du nord le 22 mai 1792 puis comme chef d’Etat major de Lafayette avant d’être suspendu de ses fonction le 20 septembre 1792.
Rappelé en mai 1793, il sert comme chef d’Etat-major de Biron en Vendée mais est évincé de cette fonction trois semaines plus tard et devient paradoxalement, lui général, adjoint de son remplaçant le colonel Bournet. La situation s’aggravant il est désigné pour exposer ces difficultés au Comité de Salut Public à Paris mais pour des motifs futiles n'est pas autorisé à retourner à son poste. Berthier se retire alors à Précy-sur-Oise.
Le 14 mars 1795 il est réintégré dans l’armée et nommé chef d’Etat-major des deux armées des Alpes et d’Italie. Il réorganise son Etat-major et le 13 juin 1795, est nommé général de division.
Le 2 mars 1796, le Directoire prend deux arrêtés, le premier nommant Buonaparte général en chef de l’armée d’Italie, le second lui donnant Berthier comme chef d’Etat-major. Ce sera le début d’une collaboration qui durera jusqu’en 1814.

Dés le début de la campagne d’Italie, démarrée les premiers jours d’avril, Berthier ne se cantonne pas dans un rôle de bureaucrate, il passe ses journées sur le terrain et les soirées à travailler dans les locaux occupés par l’Etat-major.
Berthier Durant cette campagne, il se conduit magnifiquement hors de ses fonctions de chef Etat-major à Lodi en 1796 puis à Rivoli en 1797. La capitulation de Mantoue en février 1797 lui donne l’occasion de faire valoir ses dons de négociateur lors de l’armistice de Leoben puis avec Monge lors de la paix de Campo-Formio le 18 octobre 1797.
Au départ de Buonaparte rappelé à Paris, un arrêté en date du 12 décembre 1797 le nomme commandement de l’Armée d’Italie. Il occupe Rome le 10 février 1798 et proclame la République Romaine. Le 3 avril 1798 il remet son commandement au général Brune et rentre à Paris où il arrive le 12 avril.
Ce sera ensuite la campagne d’Egypte. Berthier chef d’Etat-major embarque sur "l’Orient" le 19 mai (30 floréal an VI), il sera de l’aventure en Syrie au siège de Saint Jean d’Acre le 19 mars 1799 et sera de retour au Caire le 14 juin (26 prial) après avoir exécuté la désagréable mission de la terre brulée.
Le 24 août du port d’Alexandrie Buonaparte quitte l’Egypte à bord d’une frégate amenant avec lui le fidèle Berthier et débarque à Fréjus le 9 octobre 1799.

Arrivée à Paris il participe, bien que malade, au coup d’Etat du 18 brumaire (9 novembre 1799) et le 11 novembre 1799 est nommé Ministre de la Guerre.
Après un travail de réorganisation de l’armée il participe dès le 30 avril à la 2e campagne d’Italie.
Il s’illustre lors de la mise en place de l’armée de réserve dont il est le général en chef depuis le 20 mars 1800 ainsi que lors de la bataille contre les autrichiens à Marengo le 14 juin 1800.
Le 23 mai 1801 la dissolution de l’armée de réserve et sa fusion avec celle d’Italie dont Masséna prend le commandement, libère Berthier des charges militaires et il sera, durant un temps, chargé d’organiser le gouvernement du Piémont. Employé ensuite comme négociateur lors du traité de neutralité avec l’Espagne, il rentre à Paris en octobre et reprend son poste de Ministre de la guerre.

maison

De 1801 à 1803 Berthier réorganisel’armée ainsi que la chaîne d'Etat-major.
Le 18 mai 1804, l’Empire est proclamé et, dès le lendemain Berthier est promu Maréchal. Quelques années plus tard, le 20 mars 1806, il sera fait Prince de Neufchâtel et de Vallingen, principauté située en Helvétie et cédée à la France par la Prusse.
Fidèle parmi les fidèles il est durant toute la période napoléonienne chef d’état major des armées de l'Empereur. Il commande à plusieurs reprises l’ensemble des forces françaises et assure plusieurs fois sans défaillance le poids de l’organisation et de la logistique des armées lors des guerres de l’Empire. Il est de toutes les batailles, Austerlitz Eylau, Friedland, Iéna, la Moskova, Leipzig, Brienne où il est blessé sans oublier Wagram (6 juillet 1809) où Berthier se distingue une nouvelle fois. Il en sera récompensé par le titre de Prince de Wagram en 1809.

Après la première abdication de Napoléon, sous la restauration, Louis XVIII l’accueille, lui confie l’une des compagnies des gardes du corps et le nomme pair de France le 4 juin 1814. En septembre 1814, Berthier qui avait porté le ruban de l’ordre royal avant la révolution est promu commandeur de l’ordre de Saint Louis.
Au retour de l’Île d’Elbe de Napoléon, il reste à l’écart pendant les cent jours et s’exile avec le Roi à Gand le 23 mars 1815 avant de se réfugier, 8 jours plus tard, dans son château de Bamberg en Bavière.
Le Maréchal Berthier trouvera la mort le 1er juin 1815 en tombant de la fenêtre du troisième étage du château dans des conditions mal établies (accident, suicide ou assassinat).
Le 5 juin 1815, des funérailles solennelles sont organisées par le duc Guillaume de Bavière sans présence de l’armée française mais avec les honneurs et le protocole militaire des troupes bavaroises. Le cercueil restera 6 mois dans la cathédrale avant d’être transféré dans un premier temps, le 20 décembre 1815 dans la chapelle du château de Banz. Il y demeurera jusqu’en 1884 avant d’être amené dans la crypte du château royal de Tegernsee, caveau mortuaire des rois de Bavière, où il se trouve toujours.

Berthier

Plus tard à Sainte-Hélène, Napoléon, au cours au cours d’une conversation sur son échec à Waterloo, attribua une partie de sa défaite à l’absence de Berthier et mélancoliquement déclara :

"Si j’avais eu Berthier, je n’aurais pas eu ce malheur"
Le disparu n’aurait pu rêver plus belle oraison funèbre, ni pardon plus complet.




Vie privée

Berthier a connu en 1796, alors qu’il était en poste en Italie, une véritable histoire d’amour avec l’épouse d’un marquis italien "la Visconti" née Guiseppa Carcanodès. Il entretiendra cette liaision toute sa vie et la présenta sans complexe à toutes les manifestations organisées par le Consulat et l’Empire. En 1807, Napoléon, qui avait toujours toléré cette liaison, mit en demeure Berthier de convoler avec une fille du duc de Bavière.
Le 9 mars 1808 le Maréchal Berthier épouse à Paris Marie-Elisabeth-Amélie-Françoise princesse de Bavière. Trois enfants naîtront de cette union : Napoléon-louis-Joseph, Caroline-Joséphine, et Marie-Anne Wilhelmine.
Berthier usant de la complaisance de son épouse voire de la complicité des deux femmes mena jusqu’en 1814, pour le plus grand amusement de la cour, un curieux ménage à trois.
Outre les deux titres de Prince de l’Empire nous noterons que lui furent attribués : les charges de Grand Veneur de la couronne (1804) Vice connétable de l’Empire (9 août 1807).

Texte de Henri Azema, d'après le livre de Fréderic Hulot.
Présentation et dossier audio par C.Aïcardi

Berthier

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